60 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
ausliolend) et construire des installations mécaniques
pour l’exploitation du minerai, des hauts-fournaux pour
la préparation de la fonte, des machines pour la pro
duction et l’aiguisage des haches, etc. » (1)
Chacun de ces détours augmente le rendement de la
hache mais dans une proportion toujours décroissante.
L’effet utile d’une hache en acier sera peut-être dix
ou vingt fois aussi grand que celui d’un outil en pierre,
pendant que l’effort nécesaire aura augmenté (construc
tion d’usines, exploitation des mines, etc.) dans une
proportion mille fois aussi grande. C’est une loi géné
rale de la production développée déjà par Thünen (2)
qu’on peut formuler ainsi : Au delà d’un certain point
tout accroissement de rendement exige un accroissement
supérieur de force (3).
Le remplacement de la matière organisée par la matière
inorganisée nécessite donc de la part de l’homme des efforts
considérables qui doivent se diriger vers les « détours
de production ». Tout cela entraine un bouleversement
complet dans la structure de la société. Un nombre
toujours croissant de bras doit s’adonner nécessairement
à l’extraction de la houille, à la production du fer, de
l’acier, etc.
Le paysan sort du stade d’économie domestique pour
devenir mineur, ouvrier de fabrique, etc. Or, comme ce
(1) E.von Bôhm-Bawerk.. Capital ur.d Gapitalzins. Zweitc Auflage. t.IT.
p. 89.
(2) J. H. von Thünen. Der isolirte Staat in Beziehung auf Landwirt-
schaft und Nationalëkonomie. Dritte Auflage. Zweiü'r Tell. p. 97 ss.
Tableau, p. l(Jf, p. 199 etc.
(3) Gide. Cours d’économie politique. Paris, 1909, p. 89.