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Sur le fait que les idées de politique positive et d'orga-
nisation professionnelle sont absolument inséparables,
il n’y a naturellement pas lieu d'’insister spé-
cialement : c’est l’évidence même, qui se passe de dé-
monstration. Nous avons vu, dans notre première partie,
la crise du petit commerce naître de l’activité des pro-
fiteurs petits et grands qui considéraient cette bran-
che comme une retraite idéale pour vivre aux dépens
de la collectivité, sans faire de travail, sans utiliser de
savoir et sans rendre de services. Ce ne sont pas des
efforts isolés qui peuvent tirer la branche d’une situa-
tion pareille. Des efforts sans cohésion sont contradic-
toires ; ils se neutralisent les uns les autres et s’usent
inutilement au mur de l'indifférence générale. Le pre-
mier effort de politique positive consiste à montrer aux
intéressés que, au delà et plus haut que la concurrence
qui les fait adversaires sur le marché économique,
existe entre eux une solidarité sociale qu’il faut tout
d’abord reconnaître, si l’on ne veut pas d’avance rendre
impossible tout progrès :
« Bornons-nous à insister sur le fait qu’à l'avenir
»le commerce de détail doit, davantage que dans le
> passé, être considéré comme un tout. » *
Mais, dès l'instant où l’on déclare indispensable
l'existence d’associations professionnelles possédant une
cohésion suffisante, une redoutable question se pose :
Faut-il donc travailler au retour du système des cor-
porations de l’ancien régime? Tout en reconnaissant
qu’il « ne faut pas traiter avec dédain une organisation
> qui a assuré la stabilité du régime pendant plusieurs
» siècles et qui, somme toute, a procuré un certain bien-
à emprunter des éléments qui eussent cependant été instruc-
tifs, parce qu’il serait imprudent de généraliser des rensei-
gnements recueillis sur un champ d’observation aussi étroit
que la Thurgovie.
| Brandenberger, La Croisée des routes, p. 17.