Full text: Oeuvres complètes

ŒUVRES DIVERSES. 
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clusivement à la Banque, et que la nation est déshéritée du droit d’y 
participer ou de disposer à volonté du chiffre de ses dépôts. Dans 
la déposition à laquelle nous avons fait allusion, M. Thornton a 
constamment représenté comme insignifiant le montant des autres . 
comptes publics. Mais il ressort des tableaux soumis au parlement 
dans la dernière session, qu’en 1800, époque à laquelle se rappor 
tent les assertions de M. Thornton, et où la charte fut renouvelée, 
le solde de tous les dépôts publics confiés à la Banque, s’élevait 
à 6,200,000 1. 11 excédait donc de trois millions le chiffre de 
M. Thornton ; et si celui-ci en eût été instruit, il eût difficilement 
pu appliquer à ce fait l’épithète à'insignifiant. 
Or, si M. Thornton et M. Pitt n’ont pas soupçonné, lors du renou 
vellement de la charte, un accroissement aussi énorme dans les dé 
pôts ; si aucune des concessions faites à l’État n’a été déterminée 
en vue de ce fait, il faut en conclure que la Banque se trouve d’au 
tant plus liée par l’augmentation successive des dépôts, à se montrer 
libérale dans ses nouvelles conventions avec le^ublic. Ce serait un 
acte de rémunération légitime pour des profits si longtemps accu 
mulés à l’ombre d’un malentendu, et dont elle n’eût pas joui, si les 
faits avaient été mieux jugés à l’époque où l’on fixa les conditions 
du renouvellement de la charte. 
Mais connus ou inconnus, ils n’eussent pas influé davantage sur 
les évaluations de M. Thornton, lui qui a si pompeusement émis l’o 
pinion que les balances publiques ne contribuaient à augmenter les 
profits de la Banque qu’autaiit qu’ils pouvaient servir à multiplier ^ 
les émissions de bank-notes. ' j 
’est-il pas déplorable de voir un corps opulent et élevé comme la 
Banque d’Angleterre, étaler l’àpre désir qu’il a de thésauriser au 
moyen de bénéfices ravis aux mains d’un peuple déjà accablé? iN’eût- 
on pas dû s’attendre plutôt à de la reconnaissance pour la concession 
de son^ privilège, pour les bénéfices imprévus qu elle en a retirés, 
pour les boniSj les dividendes sans cesse croissants qu elle a répartis 
à ses actionnaires ; enfin pour cet immense trésor (J^elle a accumulé 
à coups de réserves ? iN’eût-elle pas dû abandonner à T État la totalité 
des bénéliees qu elle recueille de l’emploi des 11 millions de dépôts 
publics, au lieu de chercher à lui ravir les modiques avantages dont 
il a pu jouir pendant quelques années? 
Lorsqu’on discuta, en 1807, le taux de l’allocation à accorder 
pour la gestion de la dette nationale, M. Thornton dit que « dans 
» une question où la nation et la Banque se trouvaient en contact,il était
	        
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