162 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
Ces conférences, nous apprend M. Varlez, durent à diverses reprises
être interrompues par suite de la crainte que les ouvriers avaient de
voir les rafles de travailleurs « volontaires » ou «forcés » s’opérer
au cours de ces séances ou à leur sortie. Mais, sauf ces interruptions,
«le système des conférences ouvrières se continua jusqu’à quelques
jours avant l’armistice, lorsque les Allemands interdirent toute cir-
eulation dans les rues, et réquisitionnèrent en masse toute la popu-
lation mâle valide ».
On sait l’étroite union qui existe dans toute lutte contre le chômage,
entre le placement et l’indemnité. À Gand, la Bourse du Travail coopère
intimement avec le Fonds de Chômage. Elle continua ses opérations le
plus longtemps possible, malgré les défenses et les menaces allemandes :
mais elle finit par être fermée par le bourgmestre allemand, et son
directeur fut menacé de poursuites.
À partir du mois de mars 1916, un nouveau régime de distribution
des secours fut institué. Voici pourquoi. Les dépenses communales
augmentant sans cesse, des critiques s’élevèrent contre Poctroi de
secours qui constituaient une faveur à des ouvriers qui avaient été
prévoyants dans le passé, mais qui ne pouvaient l’être actuellement.
Comme toute intervention des syndicats avait cessé, «des journaux
affirmaient que les syndicats, qui avaient continué à percevoir leurs.
cotisations, se constituaient des trésors de guerre énormes». Ne
voulant pas s’expliquer publiquement dans la presse, le Comité du
Fonds se justifia vis-à-vis de l’ancien collège échevinal, et on adoptæ
les règles suivantes : « Le montant du secours communal alloué par le
Fonds de Chômage fut uniformément fixé à O fr. 50 par jour pour
les anciens assurés chômeurs et à O fr. 25 par jour pour les épargnants
chômeurs. Toute faveur faite pour rétablir l’égalité entre indigent et
non indigent et tout secours de famille furent supprimés. En outre,
les syndicats furent obligés de reprendre une certaine participation
aux frais de l’assurance et furent ainsi empêchés de consacrer toutes
leurs ressources à la formation de caisses de résistance ». Le montant
total de cette participation fut fixé à peu près à ce qu’elle était avant
la guerre, mais la forme de la participation donna lieu à discussions
à cause de la différence du risque de chômage dans les diverses pro-
fessions. « Finalement, il fut décidé que les Syndicats pourraient
choisir entre deux modes d’intervention : 10 centimes par semaine
et par membre, ou 5 centimes par journée de chômage indemnisée.
Aux syndicats à haut chômage la première base fut appliquée, tandis
que la seconde était adoptée par les Syndicats à bas chômage ».
En même temps, la Ville autorisa les Syndicats à reeruter de nouveaux
membres, qui pouvaient passer à charge du Fonds de Chômage, après