160 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dicats, fut réorganisé ; douze contrôleurs, choisis parmi les employés
sans travail, ainsi que la Bourse de Travail, s’en occupèrent, et le
Comité du Fonds de Chômage institua une Commission spéciale de
trois membres pour examiner les réclamations et poursuivre les abus.
Sa mission n’était pas sans danger, les radiations visant souvent des
ouvriers travaillant pour les Allemands, ou soutenus par ceux-ci.
Aussi, M. Varlez loue-t-il son courage avec son impartialité…
Du moment que le Fonds de Chômage perdait son caractère d’assu-
rance-chômage, il devenait difficile d’écarter des subventions publi-
ques les mutualités, qui sont des caisses d’assurance contre la maladie
ou pour la retraite, et qui groupent aussi des « prévoyants ». Elles
furent donc affiliées au Fonds de Chômage et assimilées par la Ville
aux «épargnants » qui recevaient un secours spécial de 25 centimes
par jour. On s’occupait de régler davantage les rapports entre l’admi-
nistration communale et les mutualisés quand le Bourgmestre de
Gand, M. Braun, fut déporté en Allemagne et l’administration
belge remplacée par une administration mixte, allemande et activiste.
Celle-ci essaya d’entraîner le mouvement mutualiste gantois dans
le mouvement activiste. « Les faveurs publiques, dit M. Varlez,
furent dès lors réservées aux directeurs d’une mutualité qui pacti-
sait avec les occupants et qui, seule, était autorisée à parler au nom
des mutualités gantoises. Malgré les subventions abondamment
promises ou distribuées, malgré l’élaboration d’un décret-loi destiné
à créer l’assurance obligatoire sous le contrôle du Gouvernement
activiste, ce mouvement n’eut pas grand succès et disparut quand
l’administration allemande fut entraînée dans la déroute de ses
troupes. »
Quand le Comité National eut décidé d’intervenir en faveur des
chômeurs, le Fonds de Chômage de Gand résolut de distribuer le don
royal aux femmes et aux enfants de moins de 13 ans de ses membres.
Ce secours commença à être payé le 8 février 1915 et continua jus-
qu’au jour où le Comité National fit participer au Secours-Chômage
les femmes et les enfants.
Comme les allocations données à ceux-ci étaient très faibles, le
Fonds de Chômage obtint de la Ville de Gand et de ses trois faubourgs
de les majorer.
Le Fonds accorda aussi une indemnité de 10 francs par nouveau-né
aux mères d’affiliés qui accouchèrent pendant la guerre.
Les relations entre le Fonds de Chômage et le Comité local de Secours
du Comité National furent et restèrent des plus cordiales, bien que
les principes et les habitudes de l’assurance-chômage fussent diffé-
rents de ceux du Secours.