298 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dérations législatives (faisant droit) qui dans tous les cas subordonnent
la liberté de l’individu aux intérêts de la généralité.
« Après que les inconvénients qui se sont déjà manifestés en 1915, sont
devenus avec le temps une calamité publique, il s’agit maintenant d’exécuter
cette ordonnance d’une manière plus efficace.
« Dans ce but, notamment, les bourgmestres doivent dresser des listes
nominatives des chômeurs. Aux séances de contrôle (Meldeamt) on offrira
aux chômeurs portés sur la liste, du travail contre un bon salaire et ce travail
devra être exécuté en Allemagne puisque un nombre limité seulement
des chômeurs peuvent être occupés dans le territoire du Gouvernement
Général.
« Les chômeurs qui n’accepteraient pas un travail offert dans ces séances
de Meldeamt seront de force envoyés en Allemagne. Ils y recevront aussi
un salaire mais moindre que ceux qui s’embauchent comme ouvriers libres.
« J’espère qu’il ne devra être fait usage de cette mesure que dans des
cas exceptionnels. Une grande partie du simple peuple a, dans sa saine
conception, compris exactement la situation et c’est par dizaine de milles
que des travailleurs belges sont déjà partis volontairement en Allemagne,
où, mis sur le même pied que des ouvriers allemands, ils gagnent des salaires
plus élevés qu’on ait jamais connus en Belgique et où ils s’élèvent, parviennent
plus haut économiquement, eux et leurs familles, au lieu de vivre
dans la misère comme leurs compagnons restés en Belgique.
« Votre devoir de bourgmestre est de conseiller dans ce sens les chômeurs
de votre commune et non pas de les exciter au refus du travail. La responsabilité
des rigueurs inévitables de l’emploi de la contrainte retomberait
sur ceux qui ont détourné les travailleurs du travail qui leur est offert
en Allemagne.
« Je vous ferai en outre remarquer qu’un bourgmestre qui ne donne
pas ponctuellement et complètement les listes des chômeurs demandées sera
responsable de ce que les personnes occupées seront confondues avec les
chômeurs et envoyées en Allemagne.
« Si après cette explication, vous refusiez de livrer les listes des chômeurs
ou provoqueriez d’autres difficultés en cette circonstance je serais obligé
d’agir contre vous avec la plus grande sévérité.
(s) von BISSING »