Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

S2 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE 
fût-ce à des travaux peu utiles en soi: ce serait toujours quelque 
chose de gagné contre la paresse ; comme il fallait, en tout état de 
cause, allouer des secours de chômage, rien n’était plus légitime 
que de ne pas les allouer gratuitement et d’exiger une prestation des 
bénéficiaires. 
L'idée était saine et juste. Le Comité National ne cessa de la pré- 
coniser. 
Il ne pouvait songer, toutefois, à accorder aux communes des 
subsides considérables comme eût pu le faire, en temps de paix, le 
Gouvernement du pays. Il n’était pas question d’entreprendre des 
travaux publics de grande extension et de longue durée. Nous avons 
vu que la Ville d’Anvers avait songé à construire des darses, au 
port, mais qu’elle avait dû bientôt abandonner ce projet. Par contre, 
il y avait partout des ‘travaux de voirie, de terrassement, d’assai- 
nissement, qui pouvaient être entrepris. Le Comité National offrait 
aux communes de payer aux ouvriers qu’elles occuperaient une 
partie du salaire nécessaire, en prenant à sa charge une somme égale 
à ce que les ouvriers occupés auraient touché comme chômeurs. 
C’est dans cet esprit que les communes furent encouragées à ins- 
tituer les travaux pour chômeurs. Mais il y avait bien des précautions 
à prendre pour qu’il n’y eût point d’abus. Tout d’abord, il ne fallait 
pas que les travaux en question fussent des travaux incombant 
d'ordinaire et normalement aux communes par suite de leurs obli- 
gations légales : c’eût été déloger, pour ainsi dire, des travailleurs 
occupés pour les remplacer par des chômeurs, ou créer de nouveaux 
sans-travail. Il fallait aussi que les travaux fussent vraiment d’utilité 
publique et non d’intérêt privé. On n’aurait pu admettre que le 
bénéfice d’une entreprise de charité allât exclusivement à un parti- 
culier, qui se serait ainsi enrichi de la misère générale. Il fallait encore 
que les salaires fussent proportionnés à l’ouvrage, ni trop bas pour 
venir efficacement en aide aux chômeurs dans le besoin, ni trop élevés 
pour ne pas créer une classe de privilégiés. 
De là, la nécessité pourle Comité National d’approuver les travaux 
institués par les communes. Mais ce fut une des dispositions les 
moins observées du règlement et beaucoup de Comités fermèrent 
les yeux. 
De même, on toléra que des communes considèrent comme travaux 
pour chômeurs les services du ravitaillement, ou de la police, le 
nettoiement public, etc. 
La manière de calculer les secours des ouvriers employés aux 
travaux communaux donna lieu à plus d’une discussion. On avait 
proposé de fixer les subsides aux communes à une quotité du montant
	        
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