86 l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
terne de douanes différentiel, était trop significative,
pour que la politique commerciale des Anglais n en fût
pas émue, et l’ambassadeur anglais à Berlin reçut
aussitôt la mission de demander au cabinet de Ber
lin, comment serait envisagée désormais l’importa
tion du sucre anglais dans le Zollverein. Bien, en
effet, que chacun des États associés eût conservé,
comme un attribut de la souveraineté, le droit de
traiter avec l'étranger, la direction des négociations
commerciales était abandonnée par eux et reconnue
par les puissances extérieures au gouvernement
prussien, lequel justifiait d’ailleurs celte prédomi
nance de fait sinon de droit, parle rang qu’il occu
pait déjà alors en Europe. La Prusse répondit à la
question qui lui était adressée, en communiquant
le traité du 21 janvier 1839 et en se déclarant dis
posée à concéder aux importations britanniques les
modérations de droits consenties aux Pays-Bas sur
le riz et le sucre, à condition que l’Angleterre offrît
des conpensations à la Prusse ainsi (¡u’aux autres
contrées faisant partie de l’Union. Les négociations,
qui furent dès lors entamées a Londres, et dont la
poursuite efficace devint possible, grâce à une loi du
Parlement anglais rendue dans la session de 1840 et
autorisant des modifications à Y Act of navigation
conduisirent au traité du 2 mars 1841, composé de
5 articles seulement, d’après lesquels en premier
lieu les vaisseaux prussiens se rendant par les ports
non prussiens des embouchures del Elbe, du Wéser,