PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
car la main-d’œuvre agricole peut être remplacée dans une
certaine mesure par des machines, qu’au point de vue de la
santé physique et morale de la population et même au point
de vue de la stabilité politique. La France est encore un
des pays du monde les mieux partagés à cet égard — mais
cela tient simplement à ce que l’industrie y est moins
développée relativement.
Encore, quand les travailleurs quittent la terre pour aller
à l'usine, la productivité générale peut y gagner, toutes
réserves faites des autres inconvénients, mais il n’en est pas
de même quand ils abandonnent le travail agricole pour
aller chercher «une bonne place ». Or, tel est le cas trop fré-
quent. Nous voyons le nombre des personnes engagés dans
le petit commerce ou dans les fonctions publiques augmen-
ter tous les jours, et ce n’est certes pas sans raison que l’on
se plaint de l’accroissement du nombre de ces intermédiaires
et de ces fonctionnaires, et du prélèvement usuraire que les
uns et les autres exercent sur le produit du travail de tous.
De la peine considérée comme élément constitutif
du travail.
C’est un fait indiscutable que l’homme ne travaille guère
spontanément, mais seulement sous la pression de causes
extérieures, telles que, pour l'enfant, les punitions, les prix,
l’'émulation, et pour l’homme, le besoin, l’appât du gain,
l’ambition, l’honneur professionnel. La plupart des hommes
ne travaillent avec ardeur que pour hâter l’heure où ils
pourront ne plus travailler. Il faut donc en conclure que tout
travail productif implique une certaine peine. C’est là une loi
d’une importance capitale en Économie politique. Si le tra-
vail n’était pas une peine, on peut affirmer que tous les
phénomènes économiques seraient autres qu’ils ne sont ; par
exomple, ni l’esclavage ni le machinisme n’auraient existé,
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