PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
une citerne pour les jours de sécheresse — l’activité produc-
trice peut se trouver singulièrement accrue. Mais cette
faculté de mettre en balance une’peine immédiate et une
satisfaction lointaine, faculté qui de son vrai nom s’appelle
la prévoyance, n’appartient qu’aux races civilisées et, même
dans celles-ci, aux classes aisées. Le sauvage et l’indigent
sont également imprévoyants.
CHAPITRE III
LE CAPITAL
Qu’est-ce que le capital?
Comme nous l’avons déjà fait remarquer (p. 95), on ne voit
pas très bien, au premier abord, ce que vient faire ici ce
troisième facteur de la production et pourquoi il a l’honneur
de figurer sur le même rang que les deux précédents. N’est-il
pas un intrus? Car si le Travail et la Nature nous appa-
raissent comme nettement distincts des richesses qu’ils
produisent, il n’en est pas de même de ce qu’on appelle le
capital, le capital n’étant lui-même qu’un produit du travail
et de la nature. À supposer qu’il eût la vertu d’engendrer à son
tour la richesse, ce ne pourrait être qu’avec le concours de
ses parents nécessairement : n’est-ce pas une sorte d’inceste
économique ou, pour le moins, une confusion des termes ?
Et pourtant il n’y a rien là que de très simple. Car dire
que le capital est un des facteurs nécessaires de la produc-
tion, c’est constater simplement le fait qu’aucune richesse ne
peut être produite sans le concours d’une autre richesse pré-
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