Object : Transportation and communication in the United States 1925

VI

LA  QUESTION  D’ORIENT.

litaire  ;  l’Angleterre  se  croit  obligée  d’avoir  une  flotte
capable  de  lutter  contre  les  flottes  combinées  de  l’Europe
entière  et  souffre,  elle  aussi,  d’avoir  à  entretenir  un  instrument ­
  aussi  coûteux  sans  s’en  servir  jamais.  Pourtant,  malgré
cette  attitude  menaçante  des  nations  européennes,  armées
jusqu’aux  dents  les  unes  contre  les  autres,  à  aucun  moment,
depuis  1870,  on  n’a  couru  sérieusement  le  risque  de  voir
éclater  une  guerre  qui  aurait  mis  directement  aux  prises
soit  la  France  et  l’Allemagne,  soit  l’Angleterre  et  la  Russie,
soit  l’Allemagne  et  l’Angleterre.  Les  alliances  formées,  d’une
part  entre  l’Allemagne,  l’Autriche  et  l’Italie,  entre  la  Russie
et  la  France  de  l’autre,  l’amitié  maritime  de  l’Angleterre  et
de  l’Italie,  ne  sont  pas  autre  chose  que  des  sociétés  d’assurance ­
  mutuelle  contre  les  risques  de  guerre  directe.  La
Tríplice  et  la  Duplice  ne  peuvent  avoir  que  le  statu  quo
pour  objet  immédiat  en  Europe,  quoi  qu’en  aient  pu  penser
des  patriotes  échauffés  en  France  et  en  Italie.
Les  nations  chrétiennes  de  l’Europe  redoutent  tellement
de  voir  se  produire  entre  elles  des  conflits  dont  toutes  comprennent ­
  la  gravité  et  dont  aucune  ne  peut  prévoir  l’issue,
qu’elles  évitent  tout  ce  qui  peut  les  mettre  directement  aux
prises.  Elles  savent  que  si  la  guerre  finit  par  éclater,  comme
il  arrivera  fatalement  un  jour  ou  l’autre,  ce  sera  inopinément, ­
  par  suite  de  complications  survenues  en  dehors  de
leurs  frontières,  en  Amérique,  en  Chine,  en  Afrique  ou  dans
l’empire  Ottoman.
On  ne  soupçonnait  pas  le  danger  américain  avant  l’année
1898.  La  guerre,  surprenante  et  absurde  en  apparence,  que
les  États-Unis  ont  entreprise  contre  l’Espagne,  a  tout  à  coup
fait  surgir,  aux  yeux  de  l’Europe  stupéfaite,  la  possibilité
d’une  alliance  anglo-américaine,  où  le  Japon  entrerait  peutêtre,
  qui  assurerait  à  la  race  anglo-saxonne  la  domination
des  mers.
Le  danger  chinois  était  prévu  depuis  plus  longtemps.  La
rivalité  de  la  France  et  de  l’Angleterre  en  Indo-Chine  a  donné
depuis  plusieurs  années  une  importance  exceptionnelle  aux
luttes  d’influence  dont  Pékin  est  le  théâtre.  La  France  a
trouvé  tout  à  coup  un  précieux  appui  dans  l’alliance  de  la
Russie,  qui  de  longue  date  travaillait,  après  s’être  rendue
            
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