COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
Là où ces conditions se trouvent réunies on dit qu’il y a
libre concurrence. La concurrence apparaît donc comme le
grand régulateur de tout le mécanisme économique dans nos
sociétés modernes.
Il était de règle, autrefois, dans les traités d’Économie
politique, de reconnaître à la concurrence les vertus sui-
vantes :
1° Stimuler le progrès par l’émulation entre les industries
concurrentes, et par l’élimination des industries routinières ;
2° Réaliser le bon marché pour le grand profit de tous et
surtout pour celui des classes pauvres ;
3° Amener une égalisation progressive des conditions en
ramenant le taux des profits, salaires, loyers, intérêts, etc, à
un même niveau.
Bastiat résume les vertus de la concurrence dans cette
définition lyrique : « C’est la plus progressive, la plus égali-
taire, la plus communautaire de toutes les lois à qui la Provi-
dence a confié le progrès des sociétés humaines ». Et on fait
ressortir les bienfaits de la concurrence en l’opposant au
monopole, régime où le public est livré à la discrétion d’un
seul. La concurrence, c’est la démocratie dans le domaine
économique, tandis que le monopole c’est l’autocratie.
En sens contraire, les socialistes de la première moitié du
XIXe siècle, parce qu’ils voyaient la solution de la question
sociale dans l’association, ont dénoncé la concurrence comme
la cause de tous les maux sociaux.
Assurément, il ne faut point méconnaître les services
rendus par la concurrence à l'intérêt public ; elle protège le
consommateur contre l’exploitation des marchands et des
producteurs, mais comment ? Simplement en opposant les
uns aux autres les intérêts de ces producteurs — de même que
les intérêts des petites nations peuvent être sauvegardés par
la concurrence jalouse des grandes puissances. Mais c’est là
une sauvegarde aussi précaire dans l’ordre économique que
dans l'ordre politique et à laquelle il convient de substituer
une forme d'organisation supérieure.
Cette protection du consommateur, la concurrence la fait
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