COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
social, nous le chercherons dans un régime coopératif orga-
nisé en vue non de la poursuite du profit mais de la satis-
faction des besoins (1).
La surproducétion et la loi des débouchés.
À en juger par l’état de pauvreté où se trouve l’immense
majorité des hommes, il semble évident que la production
doit être encore bien au-dessous des besoins et que la grande
préoccupation doit être de l’activer le plus possible. Et pour-
tant, chose curieuse ! c’est tout au contraire la crainte d’un
excès de production, d’un encombrement général des pro-
duits ‘general glut, disent les économistes anglais), qui
tourmente les fabricants et les hommes d’affaires et c’est
d'elle qu’on entend parler le plus souvent. Comment est-ce
possible?
Les économistes, eux, n’ont jamais partagé ces apprèhen-
sions : le péril d’une surproduction générale leur paraît tout
à fait imaginaire et ridicule. Ils né nient pas, certes, qu’il
ne puisse arriver, dans certaines branches et même dans
beaucoup de branches de l’industrie, que la production
dépasse les demandes parce qu’elle à mal fait ses prévisions.
Mais ils dénient toute existence réelle au fait d’une surpro-
duction générale et l’attribuent à une pure illusion d'optique
dont il est d’ailleurs facile de comprendre la cause : c’est
parce que les producteurs dont les produits sont surabon-
dants sur le marché, et par conséquent se vendent mal,
poussent les hauts cris, mais ceux dont les produits sont
(1) Voir notre conférence Concurrence et Coopération, dans le livre Le
Coopératisme.
Il y a d'ailleurs, en dehors des arguments économiques, des arguments d'ordre
moral et philosophique pour croire que /a coopération est destinée à se substi-
tuer de plus en plus à /A compétition. Et même, dans l'ordre biologique, une
école nouvelle commence à enseigner que l’association et l’aide mutuelle
constituent un facteur du progrès et de l’amélioration des espèces, aussi
puissant que la lutte pour la vie.
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IV