Full text: Principes d'économie politique

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PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE 
L’apparition du livre du professeur écossais Adam Smith, 
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des 
Nations, en 1776, marque une ère décisive dans l’histoire de 
l’Économie politique et va assurer à l’école anglaise une 
prééminence incontestée pendant près d’un siècle. Il a valu 
à son auteur le titre, un peu exagéré, de père de l'Économie 
politique. 
Adam Smith, en effet, eut une vision géniale de la révolu- 
tion économique qui allait s’opérer. Aussi rejette-t-il le 
second principe des Physiocrates en rendant à l’industrie sa 
place légitime dans la production des richesses, mais il 
confirme et développe magnifiquement le premier de ces 
principes, c’est-à-dire la croyance à des lois économiques 
naturelles et au laisser-faire, du moins comme règle de 
conduite pratique. 
Il est d’ailleurs très supérieur aux Physiocrates au point 
de vue de l’observation des faits et des enseignements à tirer 
de l’histoire et a su élargir à tel point le champ de la science 
économique que les bornes n’en ont guère été reculées 
depuis lui 
Peu de temps après Adam Smith apparaissent simultané- 
ment, en Angleterre, deux économistes dont les théories, 
exaltées par les uns, exécrées par les autres, vont marquer 
la science économique d'une empreinte séculaire:— Malthus, 
dont la fameuse loi sur l’accroissement de la population 
(1803), bien que spéciale en apparence, devait avoir un reten- 
tissement considérable dans toute la science économique et 
provoquer des polémiques passionnées qui renaissent aujour- 
d’hui plus vives que jamais ; — Ricardo, enrore plus célèbre 
par sa loi de la rente foncière (1817) qui, progressivement 
élargie et transfigurée, a servi de fondement à la science 
économique et aux doctrines même qui l'ont remplacée. 
En France, à la même époque, Jean-Baptiste Say publiait 
un Traité d’Économie politique (1803), livre bien français par 
la clarté de l’exposition, par la belle ordonnance du plan et 
par la classification des idées, mais qui dans la constitution 
de la science n’a pas apporté de contributions aussi fécondes
	        
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