LA CONCENTRATION DE LA PRODUCTION .
aux lieux de consommation sans avoir besoin de recourir
aux chemins de fer.
On peut citer aussi la suppression ou tout au moins la
diminution du nombre des voyageurs de commerce, des
dépenses de réclame et de publicité, en un mot, de tous les
frais nécessités par la concurrence, lesquels deviennent inu-
tiles du jour où une industrie étant investie d’un monopole
n’a plus besoin de courir après le client, mais n’a qu’à
attendre qu’il vienne : inutile de se mettre en frais d’élo-
quence. Rien que cette économie peut se chiffrer par cen-
taines de millions de francs.
Ajoutez encore la suppression des usines mal situées et la
localisation de la production sur les points les plus favora-
bles. Remarquez que les cartels, ou simples ententes com-
merciales, sont impuissants à atteindre ces résultats.
20 Le maintien de l'équilibre entre la production et la con-
sommation que le régime de libre concurrence s’est montré
impuissant à réaliser et, par cet équilibre, la suppression
des crises et la fixation des prix. D'ailleurs les avocats des
trusts nient qu’ils aient relevé les prix et citent au contraire
de nombreux exemples d’une diminution progressive. La
politique des trusts vise aussi bien à empêcher la hausse
exagérée que la baisse. Du reste, disent-ils, quand bien
même le prix serait un peu relevé, les consommateurs trou-
veraient encore une compensation avantageuse dans cette
stabilité. Généralement aussi les trusts veillent à la bonne
qualité des produits et dédaignent les procédés misérables
du petit commerce qui cherche à faire passer la mauvaise
marchandise pour la bonne. Les raffineries du trust du
pétrole sont soumises au contrôle le plus rigoureux. Enfin
leurs ouvriers et employés sont généralement très bien
payés.
Mais aux adversaires des trusts les arguments ne manquent
pas non plus.
D'abord on peut penser a priori qu'il est bien invraisem-
blable, dans l’ordre économique aussi bien que dans l’ordre
politique, qu’un pouvoir sans contrepoids n’abuse pas de sa
297