LES SYSTEMES MONÉTAIRES
Les difficultés de fonctionnement du système
bimétalliste.
Nous venons de dire que dans tout système monétaire on
est obligé d'employer des pièces de métaux différents. Mais
cela ne veut pas dire qu’on soit obligé d’attribuer à toutes
ces pièces la dignité de monnaie légale, c’est-à-dire avec les
deux caractères que nous avons définis ci-dessus : pouvoir
libératoire et frappe libre. On peut très bien réduire telle ou
telle de ces pièces au rôle inférieur de monnaie d'appoint,
dire qu’elles n'auront cours que jusqu’à concurrence d’une
certaine somme et que l'Etat ne les frappera qu’à son gré. C’est
ce qu’on fait par tout pays pour les pièces de cuivre ou de
nickel — mais que faut-il faire pour les pièces d'argent ?
Convient-il de leur reconnaître le caractère et les attributs
de monnaie légale comme aux pièces d’or ? Voilà la question.
qu'on désignait autrefois sous le nom de question du
« simple ou du double étalon » et qu’on désigne plus correc-
tement aujourd’hui sous le nom de monométallisme ou
bimétallisme.
Si l’on ne reconnaît lé titre de monnaie légale qu'à un seul
des deux métaux, l'or, par exemple, en ce cas, il n’y a point
de difficultés. La monnaie d'argent se trouve reléguée, comme
la monnaie de cuivre, au rang de monnaie de billon : on lui
attribue une valeur purement conventionnelle, mais aussi
ne force-t-on personne à la recevoir dans les paiements. La
monnaie d’or est la seule qui reçoive cours légal : c’est la seule
aussi pour laquelle on ait à se préoccuper de maintenir une
parfaite équivalence entre sa valeur légale et sa valeur
intrinsèque.
Si l’on veut reconnaître aux deux monnaies à la fois le
caractère de monnaie légale, en ce cas la situation devient
beaucoup plus compliquée. Prenons, pour nous rendre mieux
compte de ces difficultés, le système français, qui peut être
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