L'ÉCHANGE INTERNATIONAL
CHAPITRE V
L’ÉCHANGE INTERNATIONAL
Les avantages du commerce international.
L’échange ne s'impose pas aux nations avec autant de
nécessité qu’aux individus. Pour ceux-ci le rôle de Robinson
ne peut se concevoir que sous forme d’un roman, mais une
nation, ne fut-elle mème qu’une petite nation, dispose
de ressources suffisantes pour vivre sur son propre fonds,
sans rien recevoir de l’étranger. Cependant la grande guerre,
et le blocus auquel elle a soumis plusieurs pays, a montré,
par une illustration tragique, que cette cessation des échanges
internationaux impliquait de telles privations qu’elles n’'au-
raient pu se prolonger longtemps sans entraîner la mort
d’une partie de la population.
I est à remarquer que, contrairement à l’opinion courante
créée par les protectionistes, ce sont les achats, les impor-
tations, comme on dit, et non les exportations, dont une
nation peut le plus difficilement se passer.
En ce qui concerne les richesses naturelles elles sont
réparties de façon très inégale à la surface de la terre, tant
par suite de la diversité des climats que celle des gisements
miniers. Même un pays aussi heureusement situé que la
France ne peut tirer de son sol ni coton, ni cuivre, ni oranges,
ni thé, ni café et elle ne peut produire qu’en quantité insuf-
fisante le charbon, la laine, la soie, le bois de construction,
etc. D’autres pays sont encore bien plus désavantagés que la
France : l’Italie, la Suisse n’ont point de charbon et guère
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