= PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
plus de fer ; l’Angleterre n’a point de vin, ni de raisins pour
son pudding national.
Et plusieurs pays en Europe sont arrivés à une densité de
population qui ne leur permet plus de nourrir leurs habitants
: la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne, doivent donc
demander à la Russie et aux Amériques une partie de leur
pain quotidien (1).
En ce qui concerne les produits manufacturés. évidemment
il n’y a pas de nécessité naturelle qui interdise à une
nation de fabriquer n'importe quoi. Mais il y a pourtant là
aussi des inégalités — telles que le plus ou moins de proximité
des matières premières ou des forces naturelles, les
caractères ethnographiques et psychologiques de la population,
les situations acquises par le développement de certaines
industries sous l’influence de causes historiques ou
parfois du hasard — qui permettent à tel ou tel pays de produire
dans des conditions beaucoup plus économiques et par
conséquent à meilleur marché. Les autres pays, moins avantagés
ont donc intérêt à leur acheter ces produits au lieu de
s’obstiner à les produire eux-mêmes dans des conditions
beaucoup plus onéreuses. Par exemple. la France peut très
bien fabriquer elle-même des automobiles et elle en fait de
très belles, ou des machines agricoles, mais elle ne peut les
faire aussi économiquement que les grandes usines des
Etats-Unis, qui sont outillées pour en fabriquer par centaines
de mille. De même l’Angleterre pour la construction
des navires, ou l’Allemagne pour les produits chimiques et
colorants, peuvent nous servir à bien meilleur marché que
nous ne pouvons le faire par nos propres moyens.
En ce cas, l’avantage de l’importation consiste dans l’économie
de travail réalisée par le pays importateur et se
(1) On sait que les importations ont été à peu près complètement arrêtées
durant et depuis la dernière guerre pour l’Europe Centrale et Orientale et que,
malgré un rationnement des plus rigoureux, ces pays n'ont pu éviter la famine
et ses conséquences. Elle dure encore.
La France elle-même est obligée, sauf dans les bonnes années, d'importer une
dizaine de millions de quintaux de blé pour compléter son alimentation.
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