PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
19 Celle dont nous venons de parler, la dépréciation du
papier-monnaie — énorme en Russie, Autriche, Allemagne, et
notable aussi quoique moindre, en France, Italie, Belgique ;
2° Celle que nous avons expliquée au début de ce chapitre,
le déséquilibre de la balance du commerce et de celle des
comptes. -
Si le change se trouve si défavorable à la France et à
d'autres pays, c’est, d’une part, parce que ses dettes vis-à-vis
de l’étranger, surtout vis-à-vis des Etats-Unis et de l'Angleterre,
ont énormément augmenté tant par suite des emprunts con-
tractés pour payer ses dépenses de guerre que des importa-
tions de denrées alimentaires et de matières premières.
3° Enfin la spéculation. Car les billets de banques se trouvent
recherchés par les financiers dès qu’ils espèrent la hausse
du frane, ou du mark — etrejetés au contraire sur le marché
lorsqu'ils craignent une aggravation de baisse.
Et pourquoi aujourd’hui l’équilibre ne peut-il se rétablir
comme en temps normal ? Parce que presque tous les
moyens de régler ces dettes font défaut. La France, par
exemple, ne peut ni envoyer de l’or puisqu’elle n’a pas trop
ni même assez de celui déposé à la Banque de France pour
servir de garantie à l’énorme émission de billets de banque,
ni des marchandises puisque par suite de l’épuisement des
stocks, du manque de matières premières et de main-d'œuvre
et de la désorganisation générale, elle a peine à produire
assez pour suffire à sa consommation intérieure, bien moins
encore un excédent à exporter.
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Le billet de banque.
L'intérêt d’un banquier, comme de tout commerçant, c’est
d'étendre autant que possible ses opérations. En les dou-
blant, il doublera ses bénéfices, Comment faire donc pour
les développer le plus possible ?
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