DES BANQUES ;
de billets en circulation, c’est-à-dire de ne plus faire de prêts
au public, ni sous forme d’avances, ni sous forme d’escomptes :
or, comme c’est par ces deux opérations que la Banque
introduit ses billets dans la circulation, il est clair que ce
moyen atteindra parfaitement le but.
Car, d’une part, l’émission des billets étant arrêtée, la quan-
tité existant déjà en circulation ne s’accroitraît plus.
D’autre part, l’échéance successive des effets de commerce
(de ceux déjà entrés dans le porteuille de la Banque) ferait
rentrer chaque jour une quantité considérable — soit de
billets, ce qui diminuerait d’autant la circulation — soit de
numéraire, ce qui augmenterait d'autant l’encaisse.
La quantité de billets en circulation peut être comparée à
un courant d’eau dans un circuit de tuyaux, qui, entrant par
un robinet et sortant par un autre, se renouvelle constam-
ment. Le flot des billets entre dans la circulation par le robi-
net de l'émission, c’est-à-dire de l’escompte, et, après avoir
circulé, rentre à la Banque par le robinet des encaissements.
Or, si la Banque ferme le robinet de l’émission, tout en lais-
sant ouvert le robinet de retoür, il est clair que la circulation
ne tardera pas à tarir complètement (1).
(1) Supposons, par exemple, que la Banque ait dans son portefeuille pour
un milliard de francs d'effets de commeree, qu'elle ait dans son encaisse pour
un milliard de numéraire, et enfin qu’elle ait en circulation pour deux milliards
de francs de billets.
Dans cette situation, il est clair que si, par suite de quelqué panique, tous
les porteurs de billets venaient lui demander de les changer immédiatement
contre du numéraire, elle serait dans l'impossibilité de le faire. Mais le jour
où elle a lieu de craindre un semblable danger, elle n'a qu'à arrêter doréna-
vant tout escompte. Voici alors ce qui va se passer. Les lettres de change
quelle a en portefeuille arrivant successivement à échéance, c’est une somme
d'un milliard qui va lui rentrer jour par jour d’ici à quatre-vingt-dix jours au
plus tard, et même en moyenne vingt-cinq jours (voir p. 391). A ce moment-
là, que sera devenue sa situation ? Si on lui a payé ce milliard en numéraire,
elle se trouve alors avoir en caisse deux milliards de numéraire, juste le mon-
tant de ses billets. Elle n’a donc plus rien à craindre. — Si on lui a payé ce
milliard en billets, alors elle se trouve n'avoir plus en circulation qu’un mil-
liard de francs de billets, juste le montant de son encaisse : elle n’a rien à
craindre non plus. — Si on lui a payé ce milliard moitié numéraire, moitié
billets, alors elle se trouve avec une encaisse portée à 1.500 millions de franes
et une circulation de billets réduite à 1.500 millions de francs : rien à craindre
non plus. — Et d > mème avec toute autre combinaison que l'on voudra imagirer.
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