DES BANQUES !
nous l'avons dit tout à l'heure, la caractéristique du banking
principle c’est précisément que l’émission du billet est
suffisamment réglée par l’escompte des lettres de change.
En somme il ne faut pas espérer qu’aucun des systèmes
imaginés puisse garantir absolument le remboursement des
billets. En effet, les banques sont et doivent être des institu-
tions de crédit. Si l’on veut user du crédit il faut en subir
les inconvénients : c’est poursuivre la quadrature du cercle
que de vouloir réunir à la fois les avantages du crédit et
ceux du comptant : l’un exclut l’autre
Toutefois il y a lieu de penser qu’une banque occupant
une situation unique dans un pays, forte de son histoire et
de sa majesté, ayant le sentiment de sa responsabilité,
apportera dans l émission des billets toute la prudence dési-
rable. L'expérience a confirmé ces prévisions pour la plu-
part des grandes banques et particulièrement pour la
Banque de France dont l organisation a été mise à l’épreuve
depuis plus d’un siècle et a subi victorieusement bien des
orages politiques et économiques. Il semble donc, à s’en
tenir aux leçons de l’expérience, que la meilleure solution
c’est le monopole d’émission confié à une banque privée,
sous le contrôle de l’Etat, mais avec le minimum de régle-
mentation.
Les grandes Banques d’émission.
Nous ne pouvons passer en revue les banques d’émission
de tous les pays (voir le Cours). Cependant nous ne pouvons
laisser ignorer le fonctionnement de celles sur lesquelles
repose en France et en Angleterre tout l’édifice du crédit.
$ 1. La Banque de France.
La Banque de France est plus jeune d’un siècle que sa
grande sœur la Banque d'Angleterre. Elle est née le 13 février
1800. Elle a été créée par Napoléon : elle est, avec le Coce
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