Full text: Principes d'économie politique

LE MODE EXISTANT 3 
tion des capitaux, nous avons les statistiques annuelles des 
successions. Voici celle de l’année 1913, la dernière avant la 
guerre. Dans la statistique officielle, elles sont groupées en 
treize catégories, mais pour simplifier, nous les réduisons à 
trois; et nous ajoutons une troisième colonne donnant le 
quotient du deuxième nombre divisé par le premier, c’est- 
à-dire la part moyenne de chaque successible. 
Nombre Sommes Moyenne 
de successions mil «is [> par tête 
Plus de 1 million. . . . . 548 1 436.821 2.620 000 fr. 
De 10.000 à 1 million. . . 62.970 -3 424 815 54 300 fr. 
Moins de 10.000 francs. . 297.0 ! 669.886 2.255 fr. 
360.539 5.531.522 15.400 fr. 
On voit du premier coup d’œil quelle est l’inégalité des 
parts! Encore faut-il remarquer que la dernière catégorie 
ne comprend pas les plus pauvres, puisqu'elle ne comprend 
précisément que ceux qui ne sont pas « déshérités » ; il y en 
a beaucoup d’autres qui ne recueillent rien du tout. 
Mais, dira-t-on, qu’importe que l'inégalité des fortunes 
augmente, s’il y a accroissement de bien-être pour tous ? 
Qu'importe que les riches soient de plus en plus riches 
pourvu qu’il y ait moins de pauvres ? L’envie seule peut y 
trouver un motif de plainte. Ce qui importe c’est que tous 
avancent, mais non que tous avancent du même pas. 
Et on ne manque pas d'ajouter que ces inégalités sociales 
sont non seulement inévitables, mais à certains égards bien- 
faisantes. Inévitables, en tant que conséquences de tant 
d'autres inégalités — physiques mentales, morales — que la 
nature a créées entre les individus et dont les inégalités de 
richesse ne sont en quelque sorte que les appendices. Bien- 
faisantes, parce que, aussi longtemps du moins que les 
sociétés humaines seront dans un état de pauvreté relative, 
l'inégalité des richesses agit, plus encore que le besoin, 
comme stimulant de la production. Elle tient tous les 
hommes en halcine, du bas en haut de l’échelle sorjale, par 
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SG
	        
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