PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
De la richesse des nations.
L'inégalité extrême des richesses apparaît donc comme un
mal social dont il faut rechercher les causes afin, si possible,
d’y porter remède, mais il ne faut pas se faire illusion sur
la portée d’une meilleure répartition des richesses, en admet-
tant qu’elle soit réalisable. En effet, là où la masse à partager
est petite, les plus ingénieuses combinaisons ne pourront
faire que les parts soient grosses. Or pour les sociétés
modernes, même celles qui figurent au premier rang, c’est
pauvreté des nations « plutôt que « richesse des nations »
qu’il faudrait dire.
Voici l’évaluation en capital et en revenu (en milliards de
francs) d’un certain nombre de pays, avant la guerre et, en
regard, le quotient par tête d'habitant (en francs d’avant la
guerre, c’est-à-dire ‘en francs d’or): .
Richesse Part Revenu Part
totale par tète total par tète
Etats-Unis. . . . 500 180 1.800
Allemagne. . . . 000 50 800
Angleterre. . . . i< : 000 55. 1.250
France... . - - 250 7 000 5 900
Halle. . . . 10 2.900 ‘ 350
Belgique. . .… 45 6.400 5 ‘700
On peut évaluer la somme des fortunes privées dans un
pays de deux façons :
a) Soit en faisant l’évaluation de chacune des catégories de
biens (terres, maisons, capitaux, etc.) et en les additionnant ;
b) Soit en prenant le chiffre des biens transmis par succes-
sion ou donation, (ce qu’on appelle l'annuité successorale), et
en le multipliant par lé nombre d’années qui s’écoule en
moyenne entre le passage des mêmes biens d’une génération
à la suivante, nombre évalué (évaluation d’ailleurs très arbi-
434
11