LES DIVERSES ÉCOLES ÉCONOMIQUES 35
lisme qui est le syndicalisme. Comme son nom l’indique, il a
pour organe le syndicat : or le syndicat, par définition même,
ne pouvant admettre que des ouvriers, il ne peut s'agir que
d’un socialisme professionnel. Ce socialisme, dans son pro-
gramme, tout naturellement vise l’abolition du salariat plutôt
que celle de la propriété. Il dédaigne l'emploi de tout moyen
politique car il dispose d’une puissance bien plus eflicace,
celle de la grève générale.
Il est impossible d’apprécier dans ce chapitre la valeur des
griefs que l’école socialiste fait valoir contre l’ordre social
actuel : nous les retrouverons dans la partie relative à la
répartition. Disons cependant dès à présent que les succès
actuels du socialisme par tout pays ne peuvent guère s’expli-
quer que par la part de vérité qu’il contient, et que, en tant
que doctrine critique, il a exercé une influence salutaire sur
les esprits et les tendances de notre temps.
Mais en tant que doctrine constructive, c’est-à-dire en tant
que plan d'organisation économique destiné à remplacer le
régime sous lequel nous vivons, il n’a pu aboutir. Tous les
systèmes proposés autrefois, après avoir recruté quelques
disciples enthousiastes, ont été abandonnés ou ne subsistent
qu'à l’état de vagues espérances (sauf le coopératisme); et
quant au socialisme dit scientifique, il s’est refusé à formuler
un plan d’organisation ou même a dû désavouer ceux que de
plus téméraires avaient prématurément esquissés.
$ 3. Éccles Réformistes.
Nous groupons sous cette rubrique les diverses écoles qui
tout en admettant que l’organisation économique actuelle est
le résultat de lois naturelles et ne pourrait point être détruite
sans ruiner la nation, néanmoins reconnaissent qu'elle est
grosse d’injustices et de dilapidations et sont résolues à
chercher les moyens d’y porter remède.
Ces écoles ont donc pour caractères communs :
1e De rejeter le principe caractéristique de l’école libérale,
Gine P. R. 25e Edition
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