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PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
le manque de travail, du faux chômage, celui de la paresse.
De là est venue l’idée d’une collaboration entre les syndi-
cats ouvriers et les municipalités, celles-ci fournissant les
fonds nécessaires, ceux-là organisant l’assurance et payant
les indemnités à qui de droit.
Dans le système dit de Gand, qui date de 1901, une subven-
tion est allouée par la municipalité et répartie par l’intermé-
diaire d’un organisme autonome. En fait, le système de Gand
prend généralement pour intermédiaire le syndicat, mais
pourtant ont droit également aux subventions ceux qui,
sans faire partie d’un syndicat professionnel sont membres
d’une association quelconque contre le chômage. Et même
l'épargne individuelle, sous forme de dépôts à la caisse
d’épargne, est assimilée à une assurance contre le chômage
et bénéficie de subventions proportionnelles au montant des
retraits de fonds à la caisse d’épargne.
La France est très en retard en ce qui concerne cette
assurance. Quoique le chômage ait pris des proportions
redoutables depuis la crise mondiale de mévente qui a suivi
la guerre dès la fin de 1920, on en est encore au palliatif à la
fois humiliant, inefficace et terriblement onéreux pour l'Etat
ou les villes, qui consiste à distribuer des aumoônes dites
allocations de chômage.
AI
De l’avenir du salariat.
L’abolition du salariat — plus encore que l’abolition de la
propriété, laquelle est plutôt le moyen que le but — figure
au premier rang dans les revendications de la classe
ouvrière ou, pour mieux dire, les résume toutes (1).
Cette attente de l'abolition du salariat ne s’inspire pas
(1) Les statuts de la Confédération Générale du Travail, la fameuse C. G.
T., disent (art. 1°) : « Elle groupe, en dehors de toute école politique, tous
les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat
et du patronat ».