‘ PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
b) Au point de vuc économique, le salariat a pour résultat
ide désinléresser l'onvrier de bien faire et par là de porter un
grave préjudice à la production. Car l’ouvrier, n’ayant rien
à prétendre ‘sur les bénéfices de l’entreprise, ayant vendu
d'avance sa part éventuelle au produit ide son ‘travail pour
lun prix fixe, n’a plus d’autre stimulant à travailler que la
‘craïnite d’être congédié (1). Mais si un semblable mobile peut
déterminer l’ouvrier à fournir un ‘travail :minimum, äl ‘est
bien insuffisant pour le déterminer à utiliser pour le mieux
ses «capacités productives, car il fait du travail une véritable
corvée. ‘Sans «doute, nous ‘avons vu divers moyens inventés
pour remédier à ce vice du travail salarié en stimulant
l'activité de l’ouvrier par le travail aux pièces ou les primes
(voir p. 573 ou le système Taylor (2), mais ‘ce ne sont que
des palliatifs. Le ‘caractère de contrat à forfait réduit
l’ouvrier à un rôle purement passif et le dépouille de tout
intérêt sinon dans le résultat immédiat de son travail, du
moins dans le succès :comme ‘dans les revers de l’entneprise.
ll est difficile de persuader les ouvriers qu’ils
doïvent travaïller de leur mieux alors qu’ils n’ont aucun
droit sur les richesses sorties de leurs mains.
c) Au point du vue moral, le ‘salariat (fait de l'homme un
instrument d’enrichissement pour un autre homme. Sans
doute, par la division du travail, tout homme est ‘appelé à
travailler pour autrui et, loin de protester contre cet état de
choses, il faut y voir une manifestation d’une loi morale,
celle de la solidarité. Mais les rapports de salarié à patron
ne sont ‘pas ceux d’interdépendance, mais de dépendance
tout court. Les ouvriers sont désignés dans la langue anglaise
par cetteexpression cruellement réaliste de «mains » (hands).
Ils ne sont que cela, en eflet, mais on ne saurait les empêcher
de voir avec amertume les (générations de patrons et
(1) « Le bon berger donne sa vie pour ‘ses brebis. Quant ‘au mercenaire à
qui les brebis n’appartiennent pas, dès qu’il voit venir le loup, il laisse là les
brebis et s’enfuit… Le mercenaire fuit parce qu’il est mercenaire et qu’il n’a
nul souci de ses brebis » (Evangile de int Jean, chap. X, v. 11-13).
(2) Voir le Cours, Tom I, p. 162.
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