L'ÉPARGNE ;
véi!leux développements qu’elle a acquis depuis lors. L'or et
l’argent sont, comme nous l’avons vu, à peu près les seuls
corps qui soient inaltérables. Dès lors, celui qui veut épar-
gner, au lieu de chercher à conserver des objets périssables,
les échange contre de la monnaie qu’il met en lieu sûr, et au
bout d’un temps aussi long qu’on voudra, lui ou ses arrière-
petits-enfants n’auront qu’à échanger cette monnaie contre
la richesse qu’ils choisiront. Quand on découvre aujourd'hui
quelque trésor enseveli depuis des siècles, c'est une consom-
mation différée pendant tout ce temps qui se réalise enfin au
profit de l’heureux découvreur.
Et depuis que les titres de crédit ont été inventés,
l’épargne a trouvé en eux un instrument plus merveilleux
encore que la monnaie. Voici un individu qui dispose d’une
richesse de 1.000 francs sous une forme quelconque : il
pourrait la consommer, mais il déclare ne pas vouloir user
présentement de son droit de consommation et il reçoit
en retour une sorte de bon sur le Grand-Livre de la société
pour une valeur de 1.000 francs. Après un laps de temps
quelconque, lui ou ses arrières-neveux auront le droit de
retirer de la masse des richesses alors existantes non plus
celles qu’il y avait laissées et qui auront été depuis longtemps
consommées par d’autres, mais leur équivalent.
4° Enfin, il faut encore des instruments, des institutions,
pour réaliser et faciliter l'épargne — ne fût-ce qu’un grenier
pour conserver le blé, un cellier pour le vin, une tirelire
pour la monnaie. C’est ce qui va faire l’objet du chapitre
suivant.
Les institutions destinées à faciliter l’épargne.
Il existe, dans tous pays civilisés, des institutions variées
et ingénieuses destinées à faciliter l'épargne.
1° Les plus connues sont les caisses d'épargne proprement
dites. Ce sont des établissements destinés à faciliter
Gine P. R. 25e Edition.
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II!
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