PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
de race blanche — celle des mangeurs de pain — qui au
temps de Malthus, c’est-à-dire il y a un peu plus d’ün siècle,
ne dépassait pas 200 millions d'habitants, se trouve dépasser
aujourd’hui le chiffre de 650 millions : donc elle a plus que
triplé, tandis que dans le même laps de temps la production
du blé n’a guère plus que doublé. Sans doute il reste encore
sur le globe de vastes étendues de terres propres à la culture
du blé et, d’autre part, le rendement des terres déjà culti-
vées peut encore s’accroître beaucoup dans les pays neufs
et même en France. Pourtant il ne semble pas que ni l’un ni
l’autre de ces modes d’accroissement puisse tenir pied à
l’accroissement de la population blanche, nonobstant l’uni-
verselle diminution de la natalité — et que serait-ce si la
natalité était restée au taux ancien ! Il est vrai que «l'homme
ne vit pas de pain seulement » et que même il en mange de
moins en moins et, au fur et à mesure que la production se
diversifie, remplace le pain par mille aliments divers — en
sorte que si la limite est bientôt atteinte pour chaque
aliment considéré isolément, il semble qu’on puisse la faire
reculer sans cesse par l’inscription d’aliments nouveaux sur
la carte du menu. Mais même avec ces substitutions, la limite,
quoique reculée, ne peut l’être indéfiniment, car tous les
aliments connus et imaginables sont formés des mêmes
matériaux, un petit nombre de corps simples lesquels sont
en quantité limitée.
II
La baisse de la natalité. — Causes et remèdes.
On n’a donc pas le droit de dire que les lois de Malthus
sont erronées — elles seront éternellement vraies — mais
l’erreur c’est d’avoir cru que la procréation était nécessaire-
ment liée à l’instinct sexuel, alors qu’elle tient en réalité à
de tout autres causes, et de n’avoir pas vu que les causes
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