Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LÀ BELGIQUE 
Il était producteur, commerçant, entrepreneur, direc 
teur, chef de réclame, dessinateur, etc. etc. Mais une 
division du travail s’opère, et chacun se spécialise 
dans une partie fragmentaire de l’œuvre commune. 
Le processus technique est différencié en un nom 
bre infini d’opérations. C est ce qu’on appelle aujour 
d’hui la décomposition du travail (Arbeitszerlegung selon 
la terminologie introduite par Bûcher). Adam Smith 
admirait dans la manufacture d’épingles de décomposition 
du travail en 18 opérations. Aujourd’hui un produit 
avant d’être livré à la consommation, doit passer par 
des centaines d’opérations. 
En 1892 déjà, parmi les 600 ouvriers occupés dans 
les fabriques américaines du Massaeliusets, il n’y en 
avait pas 25 absorbés par le même travail (1). 
La série des machines Goodyear, l’outillage le plus 
perfectionné pour fabriquer les chaussures, comprend 
plus de 50 machines différentes. On les utilise dans 
toutes les grandes fabriques, par exemple celle de Eller 
à Bruxelles (2). 
En général quand on parlait de la supériorité de la gran 
de production, on n’avait en vue que les avantages résul 
tant de cette décomposition du travail au point de vue 
purement technique. On oubliait que la différenciation 
ne s’est pas arrêtée là. Le petit artisan n’était pas 
seulement producteur, il était aussi chef d’entreprise. 
(1) I) r Ernst Francke. Die Schuhmacherei in Bayern. (Münehner Volks- 
wirtsc.haflliche Studien, Stuttgart, 1893, p. 75). 
(2) Voir : Office du Travail de Belgique. Industries à domicile, v. VI, 
p. 235.
	        
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