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CH. XXI. — DES PROFITS ET DE L’INTÉRÊT DES CAPITAUX. 269 
aperçu qu’à mesure que le capital grossit, l’ouvrage que ce capital 
doit faire exécuter augmente dans la même proportion. Cependant 
M. Say a prouvé de la manière la plus satisfaisante, qu’il n’y a 
¡)oint de capital, quelque considérable qu’il soit, qui ne puisse être 
employé dans un pays, parce que la demande des produits n’est 
bornée que par la production. Personne ne produit que dans l’inten 
tion de consommer ou de vendre la chose produite, et on ne vend 
jamais que pour acheter quelque autre produit qui puisse être d’une 
utilité immédiate, ou contribuer à la production future. Le produc 
teur devient donc consommateur de ses propres produits, ou acheteur 
et consommateur des produits de quelque autre personne. 11 n’est 
pas présumable qu’il reste longtemps mal informé sur ce qu’il lui 
est plus avantageux de produire pour atteindre le but qu’il se pro 
pose, c’est-a-dire, pour acquérir d’autres produits. Il n’est donc pas 
vraisemblable qu’il continue à produire des choses pour lesquelles il 
il n’y aurait pas de demande\ 
Il ne saurait donc y avoir dans un pays de capital accumulé, quel 
qu’en soit le montant, qui ne puisse être employé productivement, 
jusqu au moment où les salaires auront tellement haussé par Teilet 
du renchérissement des choses de nécessité, qu’il ne reste j)lus qu’une 
part très-faible pour les profits du capital, et que, par là, il n’y ait 
plus de motif pour accumuler*. Tant que les profits des capitaux 
' Adam Smith cite la Hollande comme un exemple de la bais.se des profits pro 
venant de raccumulation des capitaux et de la surabondance de capital affecté à 
chaque emploi. « I.e gouvernement hollandais emprunte à 2 pour cent, et les 
» particuliers qui ont bon crédit à 3 pour (%nt. » Mais il aurait fallu considérer 
que la Hollande est obligée d’importer presque tout le blé qu’elle consomme et 
qu’en mettant de forts impôts sur les objets nécessaires à l’ouvrier, elle augmente 
encore les salaires du travail. Ces faits expliquent assez le taux peu élevé des pro 
fits et de l’intérêt en Hollande. 
* I/expression suivante est-elle tout-à-fait d’accord avec le principe posé par 
M. Say ? « Plus les capitauv disponibles sont abondants en proportion de l’étendue 
»des emplois, et plus on voit baisser l’intérêt des capitaux prêtés. » j.iv II 
chap. 8. Si des capitaux, quelque considérables qu’il soient, peuvent toujours 
trouver de l’emploi dans un pays, comment peut-on dire qu’ils sont abon 
dants, comparés avec l’étendue de l’emploi qu'ils peuvent trouver ? 
{Note de l’Auteur.) 
M. Ricardo tire ici une conséquence parfaitement juste du principe établi dans 
mon Traité d’Économie politique., et il explique d’une manière qui me paraît 
tres-satifaisante la baisse des profits-capitaux, ou intérêts, à mesure que les capi 
taux s’accroisssent, quoique les emplois se multiplient avec les capitaux. 11 est 
également certain que j’ai eu tort de dire que les capitaux peuvent être plus ou
	        
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