Full text : La réforme syndicale en Italie

oppositions d’une part comme de l’autre, aussi bien du côté
des ouvriers que du côté des patrons.
«Mais voyons un peu les résultats que la politique de
conciliation a obtenus là où on l’a appliquée.
« Aux Etats-Unis, dans la période comprise entre le 4 mars
1913 et le 30 juin 1923 (c’est-à-dire dans une période de dix
ans), il y eut 5300 conflits collectifs dont 4186 furent réglés
par les différents organes de conciliation et d'arbitrage qui
fonctionnent dans ce pays. En Angleterre, où il existe des
magistratures moins précises que celle que nous sommes sur
le point de créer, mais où existent aussi des formes d’intervention
 de l’Etat dans les conflits du travail, les recours à
la conciliation en vertu de la loi de 1896 sont allés en augmentant
 graduellement.
«En France, la conciliation est facultative en vertu de la
loi de 1892. Sur 18,245 grèves qui furent déclarées de 1893 à
1924, 21 %, d’entre elles furent soumises volontairement par
les intéressé à la procédure prévue par la loi. Sur ce nombre,
1727 grèves prirent fin grâce aux dispositions légales.
«Les données concernant l’application de la loi roumaine
sont également intéressantes. Avant la loi, il y eut, en 1920,
753 grèves; l’année suivante, le nombre des grèves tomba
à 87; le nombre des différends réglés au moyen de la loi fut
de 123 en 1920, de 635 en 1921, de 1122 en 1922.
«Un homme d'Etat roumain commente comme suit les
résultats de cette loi: «On peut en conclure que la loi de 1920
à contribué puissamment à diminuer les journées perdues
dans les conflits du travail, ce qui a eu une heureuse répercussion
 sur la production nationale de ce pays qui n’est pas
encore développé au point de vue industriel. Un million et
demi de journées de travail perdues ont été par contre économisées,
 ce qui a été un grand avantage pour la vie ouvrière
et pour l’économie générale de la Roumanie ».
«Les résultats sont donc partout satisfaisants et permettent
 d’aller vers l'avenir avec une tranquillité suffisante.
«D’aucuns redoutent que demain les ouvriers ne se précipitent
 devant ce tribunal spécial.
«Je suis plutôt de l’avis contraire. Je crois qu’une fois
ce tribunal créé, on fera tout ce qui est possible, par voie de
conciliation amiable, pour éviter de provoquer son jugement.
«Il suffira, du reste, que l’une ou l’autre partie obtienne,
pour une fois, un jugement contraire à sa requête, pour

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