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ment pour donner au projet de loi la valeur historique qui lui
revient indubitablement, mais aussi pour en déterminer avec
exactitude la portée et les limites.
« Cette loi, comme toutes les lois, n’a rien d’absolu et
de définitif: j'ajoute moi-même qu’elle n’est pas parfaite. Elle
suit péniblement la route que parcourt le phénomène social
qu’elle veut régler, et comme celui-ci, elle a ses inconnues et
ses points noirs.
« Moi qui l’ai rédigée, je suis le premier à le reconnaître
et à l'avouer. Oui, honorables collègues, nous faisons un grand
pas vers le règlement des rapports sociaux, un pas qu’un siècle
et demi d’évolution économique, politique et juridique a rendu
nécessaire; mais nous ne connaissons que le premier tronçon
de la route où nous nous engageons, et ne pouvons dire encore
comment elle se déroulera par la suite.
«Dans notre tentative, il y a des risques, a-t-on dit. Mais
dans une grande entreprise, dans toute initiative hardie, il
y a toujours un élément de risque. Il y a eu des risques à
affronter la guerre; il y avait des risques dans la Marche
sur Rome.
«Mais ce n’est pas le risque qui peut faire reculer le fascis-
me! Et surtout, entendons-nous bien: dans les risques que
peut offrir la nouvelle organisation, je ne saurais faire aucu-
nement rentrer la possibilité d’un retour au passé. Quelques
amis hésitants approuvent le projet de loi, mais condition-
nellement. Oui, disent-ils, tant que vous êtes au banc du gouver-
nement et que Benito Mussolini tient le timon de l’Etat; mais
après? Je réponds immédiatement: Il n’y aura pas d’après !
«La réforme a des aspects multiples. C’est vraiment une
de ces lois qui bouleversent plutôt qu’elles n’innovent. Mais
en réalité, elle bouleverse ce qu’il y avait il y a trois ans, non
pas ce qui est aujourd’hui. Nous avons dcjà atteint une orga-
nisation des rapports sociaux qui ressemble beaucoup, si même
elle n’est pas identique, à celle que la loi discipline et consacre.
«Le nouvel équilibre social que le fascisme a réalisé et
que le projet de loi reconnaît consiste en ceci: donner un équi-
libre stable aux rapports entre les catégories et les classes.
Ces rapports ont subi beaucoup de vicissitudes dans l’histoire
ancienne et récente. J'ai cherché dans mon rapport à en indi-
quer à grands traits le développement historique.
«On a dit qu’en représentant les rapports sociaux de
l’époque médiévale, j'ai fait preuve d’optimisme. On m’ob-
vu,