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vrières et fixa comme but de ses efforts pour émanciper et
libérer le prolétariat de la tyrannie bourgeoise, le renversement
de l’Etat. En effet, le développement et le renforcement
du syndicalisme révolutionnaire est étroitement lié à la crise
de l’Etat moderne, c’est-à-dire à l’affaiblissement de l'autorité
et du prestige de l’Etat devant les tendances individualistes
des classes sociales.
L'Etat unitaire sorti de la révolution française qui avait
détruit toutes les organisations de classe et était resté en présence
de la masse des individus isolés, ne pouvait maintenir
et justifier le principe d’interdiction de toute association que
pour autant qu’il assurait efficacement la protection et l’équilibre
des classes productrices. Au lieu d’adopter cette ligne
de conduite, il se montra incertain et hésitant dans son action
envers le prolétariat et s’en tint pendant plusieurs dizaines
d’années au dogme de la non-intervention dans les conflits
entre le capital et la main-d’œuvre, dogme qui devait pratiquement
se traduire par la victoire et par la prépondérance
souvent injuste de la partie qui, selon les cas et les lieux, était
la plus forte et la mieux organisée.
C’est ainsi qu’à un certain moment, l'Etat se trouva
devant une véritable rébellion de classes et de catégories, devant
une multiplication des syndicalismes: le syndicalisme doctrinaire,
le syndicalisme ouvrier, le syndicalisme patronal, les
trusts et les cartels et même le syndicalisme des fonctionnaires.
Avec Marx et Sorel, le syndicalisme doctrinaire fut essentiellement
révolutionnaire, dirigé vers l’organisation ouvrière
au-delà même des frontières nationales, devint un engin de
guerre contre la bourgeoisie et l’Etat, en faisant appel à la
violence et à la grève générale. Le syndicalisme révolutionnaire
repousse la législation sociale en faveur des classes ouvrières,
qui atténue la haine et l’ardeur de la lutte de classe;
il tend non pas à la réforme mais à la destruction de l’Etat et
à la dictature du prolétariat.
Après la proclamation de Karl Marx, il y eut en Italie une
longue période où l’Internationale marxiste et l’Alliance universelle
de Bakhounine exercèrent une influence prépondérante,
période de conspirations, de luttes et de violences. Une
seconde période s’ouvrit avec le Congrès de Gênes de 1892,
par l’élimination des anarchistes des rangs de l’Internationale
et par la fondation du nouveau Parti socialiste des travailin