Full text: La réforme syndicale en Italie

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Ce fut une bonne politique, en une certaine période de 
notre histoire économique, que de reconnaître aux classes la- 
borieuses, non seulement le droit d'association, mais encore 
celui de grève. Les classes ouvrières étaient alors durement 
opprimées et réduites, dans certaines régions, à des salaires 
maigres et insuffisants. La reconnaissance de leur droit de s’or- 
ganiser, et en cas de nécessité pour obtenir de meilleures 
conditions de vie, de recourir à la grève, fut alors un acte de 
justice et de pacification sociale. Mais ce fut, à notre avis, une 
solution temporaire du problème, une solution plutôt politique 
qu’organiquement juridique. De fait les syndicats continuaient 
de s’accroître et de se renforcer sans être disciplinés par l'Etat 
qui finissait ainsi par vivre dangereusement dans une situa- 
tion extra-juridique et anti-juridique. 
Il faut reconnaître, en vérité, que la reconnaissance ju- 
ridique des syndicats et leur assujétissement à une disci- 
pline d’Etat représentent pour l’Etat moderne un problème 
de vie ou de mort. En effet, ou l’Etat moderne réussit 
à faire entrer les syndicats dans l’organisme social, ou il est 
destiné à périr sous les assauts du syndicalisme révolution- 
naire. 
Or cette conception semble précisément la base d’une nou- 
velle construction juridique qui considère la solution du pro- 
blème dans l'intégralité de ses termes. Si l’on pose comme 
point de départ, la reconnaissance juridique des syndicats, 
l’Etat renonce à sa position d’indifférence devant les conflits 
entre le capital et le travail, qui constitue une -conception 
surpassée par l’expérience. L'Etat ne se limite plus à la simple 
défense de l’ordre public, en réduisant le problème social à un 
simple problème de police, mais il assume une tâche de justice 
et de conciliation des intérêts sociaux en conflit. 
Les principes fondamentaux du système juridique du pro- 
jet de loi se trouvent ainsi dessinés. 
L'Etat accorde la personnalité civile aux syndicats des 
patrons comme à ceux dès ouvriers, aussi bien pour pou- 
voir exercer sur eux sa haute surveillance dans l’intérêt géné- 
ral de la Nation, que pour leur donner des ressources financières 
et des fonctions qui sont non seulement de nature privée, mais 
encore de caractère publie et qui les mettent à même de dé- 
fendre leurs intérêts professionnels. A la reconnaissance des 
syndicats, fait équilibre la réglementation des contrats collec- 
tifs de travail par l’effet desquels les rapports entre le capital
	        
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