Full text: La réforme syndicale en Italie

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qui ne peut trouver qu’une seule limite, les intérêts supérieurs 
de la nation, qui sont, au point de vue économique, les intérêts 
supérieurs de la production. Dans les classes ouvrières italien- 
nes la valeur sociale du projet de loi — je puis le dire — a 
été parfaitement comprise, car je n’ai eu connaissance, pour 
ainsi dire, ni de protestations, ni de manifestations de défiance 
des classes laborieuses; au contraire, l'expression de la plus 
confiante attente des effets bienfaisants de cette loi m'est 
arrivée de toutes parts. 
« Il y a certainement des zones, en Italie, où les travailleurs 
ont obtenu la justice à laquelle ils avaient droit par la mé- 
thode de l’auto-défense de classe: mais dans combien d’autres 
régions les travailleurs attendent encore justice ! Et rien ne 
sera plus beau, plus digne et plus haut que cette possibilité 
offerte par le projet de loi d’obtenir justice sans agitations, 
sans désordres et sans dommages pour les travailleurs, pour 
les patrons et pour la production. 
« L’honorable rapporteur a fort bien dit que ce projet 
de loi s’inspire en même temps d’un idéalisme élevé et d’un 
réalisme de bon aloi. Nous ne nous dissimulons pas les diffi- 
cultés qui nous attendent. Toute grande œuvre a devant elle 
de grandes difficultés. Mais nous avons eu foi, nous avons foi 
que cette tentative réussira, non seulement parce que nous 
sommes convaincus depuis longtemps de la bonté de la réforme, 
mais aussi parce que l'expérience de trois années et demi de 
gouvernement fasciste a montré que tout ce que ce projet de loi 
consacre rentre parfaitement dans les limites des possibilités 
pratiques. Le projet de loi, qui aurait pu être présenté au len- 
demain de l’arrivée du fascisme au pouvoir, a attendu trois 
ans et demi, et non sans raison, car il ne devait pas être seule- 
ment la manifestation d’une pensée théorique ou d’une haute 
aspiration idéale, mais se présenter aussi comme le fruit d’une 
expérience vécue. Ce n’est pas non plus sans motif que le 
projet de loi n’est venu qu’après l’accord du 2 octobre au palais 
Vidoni, nouvelle preuve que le fascisme ne s'inspire pas seu- 
lement, dans ses actes de gouvernement, d’un système de doec- 
trines et d'idées, mais se meut toujours sur le terrain de la 
réalité. Nous avons, honorables sénateurs, la preuve pratique 
que l’on peut se passer de l’auto-défense de classe, que l’on 
peut substituer une justice impartiale au déchaînement des 
forces désordonnées des catégories et des classes. Et cette 
réglementation juridique d’un état de fait qui existe déjà,
	        
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