Full text: La réforme syndicale en Italie

sons. Parce que les syndicats fascistes répondent complète- 
ment aux exigences de la loi, c’est-à-dire que ce sont des syndi- 
cats qui se proposent de défendre les intérêts des classes pro- 
ductrices tout en restant dans l’orbite nationale, c’est-à-dire 
qu’ils acceptent la discipline nationale et le principe de la 
collaboration de classe. La seconde raison, c’est que la très 
grande majorité des travailleurs organisés est inscrite aux 
syndicats fascistes. Ce serait donc faire exactement ce que 
le sénateur Loria désapprouve que de reconnaître les syndi- 
cats socialistes plutôt que les syndicats fascistes, car les syn- 
dicats socialistes ne comptent plus qu’une petite minorité de 
travailleurs. 
« Je dois répéter ici quelque chose que j'ai déjà dit. En 
reconnaissant légalement les syndicats fascistes nous ne re- 
mettons pas l’organisation syndicale entre les mains d’un 
parti, car reconnaître comme le font les syndicats fascistes le 
principe de la solidarité nationale, reconnaître les nécessités 
supérieures de la production, accepter le principe de la colla- 
boration de classe, ce n’est pas un programme de parti, c’est 
le devoir de tous les Italiens. Et si ces principes ont été surtout 
affirmés et mis en pratique par les syndicats fascistes, c’est 
parce que la fascisme n’est pas, selon moi, un parti, mais une 
façon d’être de la nation. 
« Le sénateur Loria n’approuve pas la suspicion avec la- 
quelle la loi considère les organisations internationales, et il 
affirme au contraire que la tendance du travail est de s’orga- 
niser internationalement… 
MussorrNI, Premier Ministre — « C’est faux, c’est pré- 
cisément le contraire qui est vrai ! 
Rocco — « Et cela se produirait par suite de la solida- 
rité qui, selon le sénateur Loria, relierait les unes aux autres 
les classes ouvrières des divers pays. Or je crois précisément le 
contraire. L'expérience montre de plus en plus qu’il y a une 
solidarité intime au sein de la nation, et que cette solidarité 
de toute la nation dépasse de beaucoup les motifs de solidarité 
qui peuvent unir les classes ouvrières de différentes nations, 
surtout lorsqu’il s’agit d’une nation qui, comme l'Italie, est 
dépourvue de matières premières et de possessions coloniales. 
«Notre ouvrier a beaucoup plus de solidarité avec son 
patron qu’ avec l’ouvrier anglais ou l’ouvrier américain, 
car la condition de ces ouvriers, est, à l’égard du nôtre, 
une condition privilégiée dépendant du monopole des plus 
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