Full text: La réforme syndicale en Italie

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ment productif et de rapports civils entre le capital et la main- 
d’œuvre, il aurait été absurde, disons-nous, que le législateur 
accordât la reconnaissance légale à ces mêmes associations. 
Cela aurait été en contradiction avec la conception fas- 
ciste fondée essentiellement sur une hiérarchie unique et 
disciplinatrice, et qui est contraire à toute espèce d’atomisme 
individuel ou associationniste. 
Du reste, le fait que le syndicat est unique répond à la 
fois aux nouveaux besoins du pays, à l’orientation uni- 
taire qui affirme un même but patriotique dans tous les do- 
maines de l’activité politique et sociale et à une nécessité 
pratique. Celle-ci devient évidente si l’on considère quels 
funestes effets avait produits la coexistence de plusieurs syndi- 
cats dans le domaine ouvrier. Chacun de ceux-ci était porté à 
employer tous les moyens pourvu qu’il fit des prosélytes, pourvu 
qu’il attirât la majorité des travailleurs, qu’il acquit ou gardât 
le pouvoir, qu’il imprimât ses directives au mouvement syndical. 
: En outre, comme dans les moments de contrastes ou de 
dissentiment entre le capital et la main-d'œuvre il est beau- 
coup plus facile de créer des illusions et de promettre des 
avantages que d’enseigner le devoir, la discipline et en cas 
de besoin le renoncement; comme les foules, particulièrement 
dans les moments de crise économique où elles se trouvent 
dans la condition la plus difficile, sont irrésistiblement portées 
à suivre celui qui leur fait espérer les plus gros avantages im- 
médiats, la multiplicité des syndicats conduit inévitablement 
à la concurrence à base de démagogie. 
La politique de la surenchère devient la règle de leurs 
actes. 
Nous pourrions citer, en les tirant de l’expérience syndi- 
cale qui a précédé la Marche sur Rome, de très nombreux 
exemples d’agitations, de grèves longues et épuisantes, dé- 
clarées et soutenues malgré elles par des organisations d’une 
certaine tendance, de crainte d’être devancées par d’autres 
organisations ou de provoquer la scission de minorités extré- 
mistes; de solutions et de transactions honorables, repoussées 
par crainte de la critique intéressée des concurrents ou des 
dissidents. En somme, ce n’était pas l’intérêt véritable et 
durable des ouvriers que l’on défendait: la masse ouvrière 
n’était considérée que comme un troupeau que l'on voulait 
attirer pour former ou compléter les cadres de telle ou telle 
organisation.
	        
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