45 G. V. PLÉKHANOV
R. Wallaschek formule sa conception sur l’origine des
productions scéniques chez les races primitives dans les
termes suivants (*) :
« Les sujets de ces jeux scéniques étaient :
« 1° La chasse, la guerre, le canotage (chez les chas-
seurs, la vie et les habitudes des animaux ; pantomimes
animalières et masques) (**) :
« 2° La vie et les habitudes du bétail (chez les peuples
bergers) ;
« 3° Le travail (chez les agriculteurs : les semailles, le
battage du blé, le soin des vignobles).
« La représentation est assurée par la tribu entière
(chœur), qui chante et joue. On chante des paroles quel-
conques, car le contenu des chants, c’est précisément le
côté scénique (pantomime). On ne figure que les actes de
la vie quotidienne dont l’accomplissement est absolument
nécessaire dans la lutte pour l’existence ». Wallaschek dit
que, dans un grand nombre de tribus, lors de pareilles
représentations, le chœur était divisé en deux parties pla-
cées l’une en face de l’autre. « Tel était, ajoute-t-il, l’aspect
primitif du drame grec qui, originairement, était également
une pantomime animalière. L’animal qui jouait le plus
plus grand rôle dans la vie économique des Grecs était la
chèvre (d’où le mot tragédie, qui vient de tragos, bouc).
Il n’est guère possible d’imaginer illustration plus bril-
Jante à la thèse que ce n’est pas l’être qui est déterminé par
la pensée, mais la pensée par l’être.
Le
La vie économique se développe sous l’influence de la
croissance des forces productives, C’est ce qui explique
pourquoi les rapports existant entre les hommes dans le
processus de la production se transforment, et avec eux
l’état psychique humain. Marx dit : « À un certain degré
de leur évolution, les forces productives de la société se
trouvent être en contradiction avec les rapports de pro-
duction existant au sein de cette société, ou, en termes
juridiques, avec les rapports de propriété dans le cadre
(°) Anfänge der Tonkunst, p. 257.
(**) Figurant, ordinairement, eux aussi, des animaux.
H À