Full text : Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARKXISME _67-XIII

Feu Nicolas Mikhaïlovsky affirmait jadis, dans sa polémique
 avec nous, que la théorie historique de Marx n’aurait
jamais une large expansion dans le monde des savants.
Nous venons de voir et nous allons voir encore que cela
n’est pas tout à fait exact. Mais, auparavant, il nous faut
écarter encore quelques autres malentendus qui nuisent
à l’intelligence du matérialisme historique.
Si nous nous proposions d’exprimer brièvement la conception
 de Marx et d’Engels sur le rapport de la célèbre
« base » à la non moins célèbre « superstructure », nous
aboutirions à ceci :
1° Etat des forces productives ;
2° Rapports économiques conditionnés par ces forces ;
3° Régime social-politique, édifié sur une « base » économique
 donnée ;
… 4° Psychologie de l’homme social, déterminée en partie
directement par l’économie, en partie par tout le régime
social-politique édifié sur elle ;
5° Idéologies diverses reflétant cette psychologie.
“Cette formule est assez large pour que toutes les « formes
 » du développement historique y trouvent leur place,
en même temps qu’elle est complètement étrangère à cet
éclectisme qui ne sait pas aller plus loin que l’action réciproque
 entre les différentes forces sociales et ne se doute
même pas que le fait de l'action ré@proque entre ces forces
ne résout encore pas la question de leur origine. Notre
formule est une formule moniste. Et cette formule moniste
est essentiellement imprégnée de matérialisme. Hegel
disait dans la Philosophie de l’esprit : « L'esprit est l’unique
 principe moteur de l’histoire ». On ne peut pas penser
autrement, si l’on s’en tient au point de vue de cet idéalisme
selon lequel l’être est conditionné par le penser. Le matérialisme
 de Marx montre de quelle manière l’histoire de la
pensée est conditionnée par l’histoire de l’être. Mais l’idéalisme
 n’a pas empêché Hegel de reconnaître l’action de
l’économie comme celle d’une cause « devenue effective
par l’intermédiaire du développement de l’esprit ». Et, de
même, le matérialisme n’a pas empêché Marx de reconnaître,
 dans l’histoire, l’action de « l’esprit » comme celle
d’une force dont la direction, à chaque époque donnée, est
déterminée par le développement de l’économie.
            
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