Full text: Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 8 
Il est inutile de nous étendre davantage sur ce sujet. 
Mais, peut-être, le lecteur ne nous en voudra-t-i] pas si, 
en terminant cet article, nous attirons son attention sur 
la liaison étroite de la « méthode » tactique de Marx et 
Engels avec les thèses fondamentales de leur théorie his- 
torique. 
Nous savons déjà qu’aux termes de cette théorie, l’hu- 
manité ne se pose que des problèmes qu’elle peut résoudre 
« car… le problème même ne se présente que là où les 
conditions matérielles indispensables à sa solution existent 
déjà, ou bien sont en voie d’apparition ». Mais là où 
ces conditions existent déjà, la situation est totalement 
différente de celle où elles « sont seulement en voie d’ap- 
parition ». Dans le premier cas, le moment du « bond » 
est déjà arrivé ; dans le second, le « bond » reste l’affaire 
d’un avenir plus ou moins éloigné, un « but final », doni 
l’approche est préparée par toute une série de <« transfor- 
mations graduelles » dans les rapports des classes sociales 
entre elles. Quel doit être le rôle des novateurs à l’époque 
où le « bond » est encore impossible ? Evidemment, il ne 
leur reste qu’à contribuer aux « transformations graduel- 
les », autrement dit à lutter pour obtenir des réformes. 
Ainsi le « but final » aussi bien que les réformes trouvent 
leur place, et l’opposition de la réforme au « but final » 
perd toute raison d’être et se trouve reléguée dans le domaine 
des légendes utopiques. Quel que soit l’homme qui admet 
une pareille opposition — « revisionniste » allemand, dans 
le genre d’Edouard Bernstein, ou « syndicaliste révolution- 
naire » italien, dans le genre de ceux qui siégèrent au 
récent congrès syndicaliste de Ferrare — il révèle dans la 
même mesure son incapacité de comprendre l’esprit et la 
méthode du socialisme scientifique moderne. Cela, il est 
utile de le rappeler à l’heure actuelle où le réformisme et 
le syndicalisme osent parler au nom de Marx. 
Mais quel optimisme robuste émane de ces paroles : 
« L’humanité ne se pose que des problèmes qu’elle peut 
résoudre » ! Evidemment, elles ne signifient pas que toute 
solution des grands problèmes de l’humanité présentée par 
le premier utopiste venu soit bonne. Autre chose est l’uto- 
piste, autre chose est l’humanité, ou plus exactement par- 
lant, la classe sociale qui représente au moment donné les 
intérêts suprêmes de l’humanité. Le même Marx a très bien 
dit : « Plus une action historique portera à fond, plus
	        
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