DE L’ADllIATIQUE AU DANUBE.
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balbutia le malheureux marchand, aux oreilles duquel la voix de Mylfait
résonnait maintenant comme la trompette du dernier jugement.
— Voyons... as-tu de l’argent? poursuivit le chef de brigands.
Voici ma bourse, fit le juif, qui sentait son sang se figer.
— Et ton portefeuille, où est-il ?
Mais s i vous me dépouillez de mon portefeuille, il ne me restera
plus rien.
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— Je vais essayer la justesse de ton arme sur ton chapeau...
Tu as dîne. Tu n’as plus besoin d argent aujourd hui... Ton porte
feuille?
— Le voici.
Trente florins ! s ecria Mylfait en retirant trois billets de dix florins
des poches de cuir du portefeuille. Et tu oses réclamer pour une pareille
bagatelle! Josi, cria Mylfait à un de ses bétyars, passe—moi le fusil de
monsieur et aide-le à ôter ses vêtements, que nous sommes, a notre \ if
i egret, obliges de garder en gage. Il pourra les reprendre quand il voudra,
contre un second et dernier versement de trente florins.
Le juif eut beau prier, supplier, pleurer, ce fut peine inutile.
Je sais un moyen infaillible de sécher tes larmes, fit Mylfait d un