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PREMIERES NOTIONS
propriété sur ce qu'il appelle les produits de son travail,
et pourtant la propriété de ces humbles objets
il la doit a tous ceux qui ont précédé, a tous ceux
qui lui ont appris son métier, a toutes les traditions
transmises de génération en génération, sans parler
méme de ceux qui acheteront ses sabots ou ses paniers
et sans la demande desquels ceux-ci ne vaudraient
rien du tout, malgré tout le travail qu’ils
auraient cotité.
Or, de méme que toute propriété a été créée,
plus ou moins, par le travail de tous, de méme elle
doit étre employée dans I'intérét de tous — sauf
pour la part qui est consommée par le producteur
lui-méme, pour ses propres besoins, mais ce n’est
qu'une infime portion de la richesse générale.
Ainsi donc la propriété individuelle nous apparait,
pour ainsi dire, comme un moment d’individualisation
entre deux états de propriété collective,
’'un dans ses origines, I’autre dans ses fins.
C’est le tronc de 'arbre dont les racines plongent
dans la terre et dont les branches s’étalent dans le
ciel. Mais le tronc est important et il serait imprudent
de le couper.
Cependant ceux-la méme qui ne sont pas socia-