D'ECONOMIE POLITIQUE
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sulmane ne reconnait le droit de propriété fonciére
individuelle que sur la terre que le propriétaire a
cultivée ou irriguée et, pout reproduire le beau mot
’ . «app .
qu'emploie le Coran, « vivifiée ». Et quoique
malheureusement toutes les terres qui sont tombées
sous la domination musulmane aient été aussi peu
vivifides que possible, le principe n’en reste pas
moins admirable et supérieur a celui de la propriété
romaine. Méme en France voici bien des manifes-
tations de cette conception nouvelle. Dans les ré-
gions ou il y a des terres marécageuses a des-
sécher, ou des terres séches a irriguer, ou des
terres tellement découpées en petites parcelles
que la culture en est quasi impossible, on a le
droit d’établir des « syndicats obligatoires », ce
qui veut dire des associations de propriétaires qui
ont le droit de contraindre les récalcitrants a sup-
porter leur part des dépenses d’assechement, d’irri-
gation, ou d’abornement de leurs terres. Il y a 1a une
atteinte a la propriété privée, mais imposée au
nom de I'intérét général, une solidarité obligatoire.
Le propriétaire s’écrie : Je suis bien maitre de
ne pas arroser ou de ne pas assécher mon marais!
mais on lui dit : Non, vous n’étes pas maitre de ne