D'ECONOMIE POLITIQUE
113
celle qu'on a appelée «la question agraire » et
qui a tenu une si grande place dans l'histoire de
Rome, comme dailleurs dans celle de tous les
peuples jusque dans l'histoire moderne.
Pourquoi? C'est d’abord parce que cette disso-
ciation de la propriété et de la culture a fait perdre
au droit de propriété le fondement sur lequel elle
s’appuyait, a savoir : le travail. Sans doute, méme
quand le propriétaire cultive lui-méme sa terre, il y
a dans le produit, dans la récolte, moisson ou ven-
dange, une part qui n’a pas pour cause unique le
travail de ’homme mais qui est due, sinon a la
collaboration de la nature, du moins a I'inégale
fertilité des terres : c’est ce que les économistes
appellent la rente fonciére et qui est pour eux,
depuis plus d'un siecle, un inépuisable theme de
méditations et de discussions. Mais si cette rente
« non gagnée », disent les Anglais, se révele a
|’analyse scientifique, elle ne se distingue par aucun
signe apparent du produit du travail lorsque le
propriétaire est en méme temps le cultivateur. Au
contraire elle saute aux yeux de tous et sous le
jour le plus cru, dés que la terre est affermée.
Et du méme coup on a vu apparaitre la division
R