126
PREMIERES NO TIONS
Moise qui, dans ses lois, a dit aux Israélites: « Tu
A AS a A LU Ld » - 3 |
preteras a interét a I’étranger, mais jamais a ton
frére »; de penseurs comme Avristote, dont nous
venons de citer le mot ironique; des Romains eux-
mémes, aussi durs que le vieux Caton qui disait :
« Qu'est-ce que préter A intérét ? autant dire
qu’est-ce qu'assassiner? », puis de toute I'Eglise
catholique par la voix de ses Péres comme par
les décrets de ses Conciles.
Cependant, ici encore, soyons heureux de cops-
tater que c’est 1a une question qui a perdu beau-
coup de son acuité, tout comme la question du
fermage. Aprés avoir rempli des siécles de son
bruit, le silence s'est fait.
Il est vrai qu’en 1849 — i y a plus de soixante-
dix ans — Bastiat écrivait encore ces mots :
« L'esprit humain ne peut s’attacher, sauf pour les
problémes religieux, 3 une question plus grave que
celle de la légitimité de I'intérét. » Mais aujour-
d’hui, le probleme de I'intérét passionne moins
encore |'opinion que le probleme religieux. Non
seulement on n’entend plus d’anathémes contre Je
prét a intérét, mais au contraire nous n’entendons
que des encouragements pour engager les gens 3