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PREMIERES NOTIONS
“wr libre? Pas encore dans la campagne, ou il va
rester sous le joug du servage qui n’était qu'un es-
clavage atténué. Mais dans les villes, il va connai-
tre une période relativement heureuse, mais brave,
/interméde lumineux, peut-on dire, dans Ihistoire
du travail, quoiquon parle toujours des téndhres
du Moyen Age, celle de I'ouvrier « artisan 5 alors
que, possédant les instruments de son travail, il
n’avait besoin ni de prendre des salariés nj de
le devenir lui-méme.
Mais cette période n’a pas duré longtemps —
cing ou six sidcles, peut-étre — parce que, d'une
part, les serfs émancipés ou réfugiés dans les villes
sont venus créer un prolétariat nouveau, et parce
que, d’autre part, les capitaux nécessaires pour pro-
duire ont pris de telles proportions qu’ils sont deve-
nus inaccessibles 4 ceux qui n’avaient pas déja fait
fortune. En sorte que la possession du capital est
devenue, dans une certaine mesure, un monopole
pour les possédants et ceux-ci ont pu dicter leurs
conditions. En effet, que peut faire un « prolé-
taire » — c'est le nom que I'on donne 3 ceux qui
ne possédent que leurs bras —- lorsqu’il veut
travailler, s'il n’a pas un de ces instruments. de. pro~