D'ECONOMIE POLITIQUE
8
gique ou, dans ['esprit des masses, un soupgon
s'est éveillé. Et ce soupcon s'est traduit sous cette
forme : ests bien vrai que ce soit le proprié-
taire qui nous fasse vivre? ou bien, est-ce que ce
n’est pas nous qui le faisons vivre? et, alors, au lieu
d’étre un bienfaiteur, ne serait-il pas un exploi-
teur? Et le jour oli cette pensée est entrée dans
esprit des masses, le socialisme est né.
Si, en effet, le capitaliste peut dire qu'il donne
du travail a 'ouvrier, celui-ci ne peut-il pas répon-
dre que c’est lui qui donne au capitaliste le produit
de ‘son travail et qu'il ne lui en sera remboursé
qu'une part, peut-étre la moindre part, sous le nom
de salaire? Il est vrai que argent payé au salarié
est pris sur le capital déja existant qui en fait
I'avance, mais ce n’est qu'une anticipation sur le
produit final et c’est comme prix de renoncement 3
tout droit sur le produit futur de son travail que
Iouvrier recoit son salaire. C’est un avantage, sans
doute, puisqu'il touche comptant et qu'il n’a pas les
moyens d’attendre, mais il est évident qu'il se
trouve par la méme en ficheuse situation pour sa-
voir ce qui doit lui revenir. Il ne sait pas quelle sera
la valeur de ce produit, alors surtout qu'il s’agit
1¢€