Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

197 — 
chaque pays à avoir son autonomie économique et à s’entourer 
à cet effet, de barrières douanières toujours plus élevées. 
Le deuxième fait, qui est peut-être plus grave et plus trou- 
blant, c’est l’instabilité monétaire dans laquelle nous avons 
véeu depuis la guerre et dont les conséquences ne semblent 
pas aller s’améliorant à l’heure où je vous parle. 
Celle instabilité se manifeste, pourrait-on dire, à la fois 
dans l’espace et dans le temps. Instabilité dans l’espace, 
puisque nos clients et nos fournisseurs ont des monnaies 
différentes de la nôtre, de telle façon que pour chacun des 
produits que nous voulons protéger, nous nous trouvons en 
présence de concurrents placés dans des conditions économi- 
ques différentes. Celui-ci a un change apprécié, celui-là une 
monnaie dévalorisée ; l’un est en pleine crise d’inflation, 
autre en période d’assainissement, et cet autre jouit d’une 
monnaie stable. Autant de cas particuliers à analyser. 
Instabilité dans le temps, hélas, puisque d’un jour à l’autre 
notre monnaie varie, que son pouvoir d’achat diminue ou 
augmente, que nos prix de revient sont l’objet de modifications 
incessantes, et que par conséquent les conditions dans lesquel- 
les le tarif va être établi sont telles que nous ne savons pas ce 
qu’elles deviendront demain. 
Et alors, Messieurs, en présence de difficullés qu’offre 
cette instabilité monétaire on a cherché différents movens de 
remédier à la situation. 
La théorie de la péréquation. — Depuis quelque temps une 
théorie semble gagner du terrain et se faire jour : c’est l’idée 
de la péréquation. On peut la schématiser ainsi : les droits 
de douane ne sont plus adaptés à la valeur des produits ; une 
marchandise qui valait 1.000 francs il y à cinq ans en vaut 
2.000 aujourd’hui ; les droits de douane qui lui sont applica- 
bles, s’ils étaient de 100 francs en 1921 devraient être de 
200 francs pour rétablir l’incidence de la protection voulue 
par le législateur. 
Eh bien ! il me semble qu’on prend là le problème sous un 
angle un peu étroit, et qu’il y a à la base de ce raisonnement, 
très simpliste et très séduisant, quelque chose d’un peu 
inexact. Ah ! je comprends très bien que s’il s’agissait d’une 
taxe purement intérieure, ces dispositions pourraient peut-être 
trouver leur application ; il suffirait de dire : telle marchan- 
dise coûtait autrefois tant, son prix a doublé, eh bien ! la taxe 
qui était de cinq francs. par exemple, devra être désormais de 
dix francs. 
(1. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.