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LA HONGRIE
sous leurs parapluies comme sous un toit, que les chemins fussent de nouveau
praticables et que la pluie eût cessé.
Sur la place du marché, couverte de flaques noires, s’élevaient, à
moitié montées, des baraques de marchands forains ; le long de leurs
hautes perches, des lambeaux de toiles pendaient, flasques et déchirés : on
eût dit les mâtures d’embarcations échouées. Et ce qui complétait ce
simulacre de naufrage, c’étaient les énormes caisses, les ballots de toutes
sortes jetés là pêle-mêle comme des épaves.
En sortant du bourg, la voiture monta à droite. Après avoir traversé
un petit pont de pierre, elle tourna brusquement : nous étions arrivés.
maison aux volets verts. Si le hasard ne m’avait pas amené à Nagy-Atad,
je ne sais pas trop comment vous seriez venu jusque chez moi.
— Mais avec un char de paysan. J’avais même déjà conclu le marché,
Ah ! cher monsieur, \ ous seriez arrivé demain matin, après avoir
passe la nuit dans la houe. Mon cocher vous a-t—il immédiatement re
connu?
chien du Saint-Bernard : il ne me conduit pas, il m’apporte.
Et je racontai à M. L..., qui s’en amusa beaucoup, la scène d’enlève
ment qui s’était passée à la gare.
— Venez, me dit M. L..., en me conduisant dans la maison ; je vais vous
Le codier de M. L...
— Ali! vous voilà! s’écria M. L..., apparaissant sur le seuil d’une jolie
répondis-je.
Au premier coup d œil... On dirait que vous l avez dressé comme un