L'IMPOT A L'ÉPOQUE CAROLINGIENNE tt
contrée : il s’agit de la vallée de Barcelonnette dans les Alpes.
4° Est:
Dans la « France » orientale, c’est-à-dire les provinces Rhénanes
et la Franconie, on rencontre une redevance publique * dite stuofa
ou Osterstuofa. L’homme qui y était assujetti était dit stopharius®.
Même les officiers forestiers du souverain étaient tenus de l’acquit-
ter *. Pepin et Carloman firent abandon à l’église de Wurzbourg
de la dixième partie du tributum de ce nom que le fisc. percevait
sur les Francs et les Slaves ” e pagis orientalium Franchorum®. La
même dénomination se retrouve à Lorsch", à Wissemboure®, à
aevi, p. 299: « Vallem Reumagensem cum tributo quod a fisco exigebatur vel
hominibus publicis et tributariis in eadem valle manentibus. » Le souverain, con-
firmant les concessions de son père et des prédécesseurs de celui-ci, confirme à un
monastère dédié à Saint-Pierre la possession de cette vallée, des hommes « pu-
blics », qui l’habitent et du tribut qu’ils payaient au fisc. Ce monastère ne peut être
que Saint-Pierre de Novalaise, au Val de Suse, dépendance de l’archevêché d’Em-
brun. Cf. sur ce monastère, p. 119, n. 2.
1. La civitas Rigomagensis dans les Mélanges Rénier (fasc. 73 de la Bibl. de l’école
des Hautes Études), 1887, p. 395-404.
2. Elle ne semble pas provenir de l’impôt romain. Brunner (II, 237) la fait
dériver des dons annuels d’origine franque. Il ne serait que plus curieux de voir
ane redevance germanique se consolider en un véritable impôt.
3. Glose, dite de Pithou, à la Loi Salique : « et stopharius dicitur qui censum
regi solvit ». Voy. Du Cange, Gloss, cf. Laspeyres, p. 110.
4. Formula impertales, n° 43 : « forestarios nostros, Adonem videlicet et pares
suos, qui forestem in Vosago praevident, immunes constituimus a quibusdam
publicis functionibus, id est liberos forestarios a bannis et aribannis et conductum
ad legationes sive paraveredos danda, tantum vero ut hi qui soliti sunt stofam
persolvant et in anno tres ministros constituant » (Zeumer, p. 319).
5. La Franconie était pleine de colonies slaves. Voy. Lubor Niederlé, Manuel dé
l'antiquité slave, t. 1 (1923), p. 135.
6. Diplôme d’Arnulf, en faveur d’Arn, évêque de Wurzbourg, du 1er décembre
889 : « decimam tributi quae de partibus orientalium Franchorum vel de Sclavis ad
fiscum. dominicum annuatim persolvere solebant, quae secundum illorum linguam
steora vel ostarstuopha vocatur, ut de illo tributo sive reditu, annis singulis, pars
decima ad predictum locum persolvatur, sive in melle sive in paltenis seu in alia
qualibet redibitione, quae, ut diximus, prius € pagis orientalium Franchorum per-
solvebatur, id est de pago Waldsrizzi et de pago Thurbargovi etc et decima de fis-
cis dominicis, id est de Ingulinhem, etc. (Monumenta Boïca, t. XXVIIL, 1, p. 98 ;
— Boehmer-Mühlbacher, Die Regesten des Kaiserreiches unter den Karolingern,
2° éd., 1908, n° 1837 (1788), p 745-6. On rencontre également dans le Nord de
l'Alsace « census qui vocatur ostergeld » (Zeuss, Tradit. Wizzenb., p. 305).
7. Voy. p. suivante, note 5.
8. Dans un acte du duc Liutfrid en fareur de l’abbaye de Wissembourg en
Alsace, datant de l’abbatiat d'Erload (730-739), on lit: « ut neque nos -neque
juniores nostri neque freta, neque stwofa nec haribanno nullumque tempore non
requiramus, nisi, sicut diximus ad ipso monasterio ipsum censum retdant » (Zeuss,